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Deux films marocains récompensés au Festival international du film du retour au Caire

25 mai 2026 - 10:15

Les œuvres marocaines « Gondafa » et « Bouteilles » se sont distinguées lors de la dixième édition du Festival international du film du retour, confirmant la présence croissante du cinéma marocain dans les grandes manifestations engagées autour des questions identitaires, humaines et mémorielles.

Le rideau est tombé samedi soir au Caire sur la dixième édition du Festival international du film du retour avec un nouveau succès pour le cinéma marocain, récompensé à travers deux productions ayant retenu l’attention du jury par leur qualité artistique et leur portée humaine.

Le film marocain Gondafa du réalisateur Ali Benjelloun a remporté le prix « Clé du retour » du meilleur long-métrage de fiction au nom de Jérusalem, tandis que Bouteilles du réalisateur Yassine Idrissi s’est distingué grâce au prix du meilleur jeune acteur attribué à Youssef Ben Mamoun.

À travers ces deux œuvres, le cinéma marocain confirme sa capacité à aborder des questions sociales, identitaires et humaines complexes en mobilisant des récits profondément enracinés dans les réalités culturelles locales.

« Gondafa » raconte l’histoire de trois jeunes issus d’un village isolé du Haut Atlas rêvant de réussir dans la musique, alors que les femmes du village perpétuent le chant comme héritage culturel amazigh. L’arrivée d’un imam rigoriste bouleverse cependant l’équilibre de la communauté et déclenche un affrontement entre conservatisme religieux, mémoire collective et liberté d’expression.

Le film explore ainsi les tensions entre identité culturelle, radicalisation et résistance symbolique à travers l’art et la musique, dans un contexte où les débats autour de la tradition et de l’ouverture traversent encore de nombreuses sociétés méditerranéennes et arabes.

De son côté, « Bouteilles » met en scène Saïd, un adolescent de treize ans qui collecte des bouteilles vides afin de nourrir secrètement un chien dont il prend soin malgré l’opposition de sa famille. Le récit interroge les rapports entre croyance, compassion, loyauté familiale et conscience individuelle dans une approche intimiste portée par le regard de l’enfance.

Le président et fondateur du festival, le réalisateur palestinien Saoud Mhanna, a souligné lors de la cérémonie de clôture que cette édition visait à préserver la mémoire palestinienne et à défendre le récit national à travers le cinéma et la création artistique, malgré les conditions dramatiques que traverse actuellement la bande de Gaza.

Placée sous le slogan « Attendre le retour… le retour », cette dixième édition a rassemblé 356 films provenant de 39 pays autour des thèmes de l’exil, de la mémoire, de la terre et des droits humains.

Le festival, organisé par le ministère palestinien de la Culture en partenariat avec l’ambassade de Palestine au Caire et l’Union générale des femmes palestiniennes, a également rendu hommage au défunt acteur et réalisateur palestinien Mohammad Bakri pour l’ensemble de son parcours artistique engagé.

Au-delà du palmarès, cette présence marocaine remarquée confirme l’évolution d’un cinéma national de plus en plus présent dans les grands festivals internationaux liés aux questions humaines, sociales et identitaires.

Dans un contexte régional marqué par les tensions politiques, les fractures sociales et les débats culturels, plusieurs réalisateurs marocains semblent désormais miser sur un cinéma engagé, sensible aux réalités locales mais capable aussi de dialoguer avec des problématiques universelles.

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