Les besoins de financement brut de la trésorerie marocaine devraient atteindre près de 105 milliards de dirhams à l’horizon de fin 2026, selon les dernières estimations publiées par le centre de recherche « Attijari Global Research » (AGR) dans son rapport « Budget Focus – Fixed Income ».
D’après cette analyse, ces besoins couvrent à la fois le financement du déficit budgétaire restant ainsi que les arriérés du Trésor, évalués à 36,4 milliards de dirhams dans le cadre de la loi de finances 2026. Ils intègrent également les échéances restantes du Trésor jusqu’à la fin de l’année 2026, estimées à 68,3 milliards de dirhams, dont 64 milliards à mobiliser sur le marché intérieur et 4,3 milliards sur les marchés extérieurs.
AGR précise que le Trésor prévoit de lever 24,2 milliards de dirhams sur les marchés internationaux afin de couvrir une partie de ses besoins globaux de financement, tandis que le reste — soit environ 80,5 milliards de dirhams — devrait être assuré par le marché domestique.
Les besoins mensuels de financement intérieur brut sont désormais estimés à 10,1 milliards de dirhams, contre une projection initiale de 12 milliards un mois auparavant. Selon les analystes du centre de recherche, ce niveau demeure soutenable et ne devrait pas provoquer de tensions majeures sur le marché des bons du Trésor, notamment après la récente émission obligataire internationale du Maroc, d’un montant de 2,25 milliards d’euros.
Les experts d’AGR soulignent par ailleurs que l’activation récente de crédits budgétaires additionnels à hauteur de 20 milliards de dirhams traduit la volonté de l’État d’accompagner les priorités économiques et sociales dans un contexte mondial encore marqué par une forte instabilité.
Cette enveloppe supplémentaire devrait principalement financer les mesures de soutien au pouvoir d’achat, les dépenses liées aux récentes inondations ainsi que plusieurs ajustements budgétaires exceptionnels.
Le rapport estime également que le retour du Maroc sur les marchés internationaux contribue à diversifier les sources de financement du Trésor et à réduire la pression exercée sur le marché intérieur.
Grâce à cette mobilisation de financements en devises, le Trésor devrait être en mesure de réaliser l’ensemble des tirages extérieurs prévus dans la loi de finances 2026, soit un montant global estimé à 31,4 milliards de dirhams sur l’année.