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L’ONU alerte sur une crise alimentaire majeure au Soudan du Sud

01 juin 2026 - 10:54

Plus de 7,2 millions de personnes, soit près de la moitié de la population du pays, ont besoin d’une aide alimentaire urgente. Les agences humanitaires mettent en garde contre une aggravation rapide de la situation sur fond d’insécurité, de tensions politiques et de difficultés d’accès aux populations vulnérables.

Les Nations unies ont lancé une nouvelle alerte concernant la situation humanitaire au Soudan du Sud, où plus de 7,2 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë nécessitant une assistance immédiate.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a qualifié la situation d’« alarmante » et affirme être engagé dans une véritable course contre la montre pour renforcer son intervention dans ce pays d’Afrique de l’Est déjà fragilisé par des années de conflits, de pauvreté et d’instabilité politique.

« Nous parlons de 7,2 millions de personnes qui ont besoin d’une aide alimentaire urgente », a déclaré Mutinta Chimuka, directrice du PAM au Soudan du Sud, lors d’une intervention par visioconférence depuis la ville de Bor, dans l’État de Jonglei.

Selon l’organisation, la situation atteint désormais un niveau critique et nécessite une mobilisation internationale immédiate afin d’éviter une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur.

Le mois dernier déjà, le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires, Tom Fletcher, avait averti que le Soudan du Sud risquait de sombrer dans une famine à grande échelle accompagnée d’un effondrement généralisé de ses structures économiques et sociales.

Indépendant depuis 2011 après sa séparation du Soudan, le pays le plus jeune du monde reste confronté à de nombreux défis. Malgré l’accord de partage du pouvoir conclu en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival historique Riek Machar, les tensions politiques se sont accentuées au cours des derniers mois.

Les affrontements sporadiques observés dans certaines régions font craindre une reprise plus large des violences, ce qui aggrave encore les difficultés rencontrées par les populations civiles.

La région de Jonglei figure parmi les zones les plus touchées. Le PAM y a renforcé son dispositif d’urgence, notamment dans la localité d’Akobo, où des centaines de milliers de personnes sont confrontées à des niveaux extrêmes de faim et de malnutrition.

L’organisation se dit particulièrement préoccupée par l’augmentation rapide des cas de malnutrition sévère chez les enfants de moins de cinq ans ainsi que chez les femmes allaitantes.

Depuis le lancement de son opération d’urgence il y a trois semaines, le PAM indique avoir fourni une assistance alimentaire à plus de 60.000 personnes. Plus de 15.000 enfants ont également bénéficié d’un dépistage nutritionnel, tandis que 3.000 d’entre eux ont été admis dans des programmes de traitement contre la malnutrition aiguë modérée.

Cependant, les défis restent immenses. L’arrivée de la saison des pluies complique fortement l’acheminement de l’aide humanitaire dans plusieurs régions isolées. À cela s’ajoutent les problèmes d’insécurité et les risques de nouveaux affrontements armés.

Pour les agences onusiennes, les prochaines semaines seront décisives afin d’éviter que la crise alimentaire ne se transforme en catastrophe humanitaire majeure dans l’un des pays les plus vulnérables du continent africain.

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