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Maroc : l’Anapec n’a pas pu répondre à 100.000 offres d’emploi malgré près de 900.000 chômeurs sans diplôme

02 juin 2026 - 12:47

Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a révélé que l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) a reçu près de 100.000 demandes de recrutement de la part des entreprises sans pouvoir y répondre. En cause : l’inadéquation entre les profils recherchés et les compétences disponibles sur le marché du travail, dans un contexte où près de 900.000 jeunes sans diplôme sont au chômage.

Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a indiqué que l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec) avait reçu près de 100.000 offres de recrutement émanant d’entreprises, sans être en mesure de les satisfaire.

Intervenant lors d’une réunion de commission à la Chambre des représentants consacrée à l’examen du projet de loi relatif au système des stages de formation pour l’insertion, connu sous le nom de programme « Idmaj », le ministre a expliqué que cette situation résulte principalement du décalage entre les qualifications demandées par les employeurs et les profils disponibles sur le marché du travail.

À cela s’ajoutent, selon lui, des difficultés liées aux conditions salariales proposées ainsi qu’à la mobilité géographique des demandeurs d’emploi, notamment lorsque les postes sont situés loin de leur lieu de résidence.

Près de 900.000 jeunes sans diplôme concernés

Younes Sekkouri a souligné que le programme « Idmaj » constitue l’un des principaux leviers du gouvernement pour lutter contre le chômage des jeunes non diplômés, une catégorie qui compte actuellement près de 900.000 personnes au Maroc.

L’objectif affiché est d’intégrer environ 100.000 jeunes supplémentaires sur le marché du travail au cours des prochaines années grâce à ce dispositif.

Le ministre a précisé que le nombre de bénéficiaires du programme atteint actuellement près de 130.000 personnes, avec une perspective d’extension à 180.000 bénéficiaires. Selon lui, « Idmaj » représente un outil essentiel pour améliorer l’employabilité des jeunes et répondre aux besoins des différents secteurs économiques.

Miser davantage sur la formation professionnelle

Concernant la formation par apprentissage, Younes Sekkouri a indiqué que quelque 45.000 personnes suivent actuellement une formation au sein d’ateliers d’artisanat, d’unités de production et d’espaces professionnels.

Le gouvernement ambitionne d’élargir considérablement ce dispositif. Le nombre de bénéficiaires, qui ne dépassait pas 9.000 auparavant, devrait à terme atteindre 100.000 personnes.

Le ministre a également annoncé que son département travaille à l’élaboration de prévisions détaillées des besoins futurs du marché de l’emploi en compétences et en qualifications. Ces projections devraient être présentées au cours de ce mois à une commission ministérielle.

L’objectif est d’identifier avec précision les profils recherchés par les entreprises afin d’adapter les programmes de formation aux besoins réels de l’économie et de réduire l’écart entre l’offre et la demande sur le marché du travail.

Des tensions à prévoir dans certains secteurs

Le ministre a par ailleurs alerté sur les difficultés de recrutement auxquelles certains secteurs pourraient être confrontés dans les années à venir, notamment l’agriculture.

Pour répondre à cette problématique, le gouvernement a lancé le programme « Idmaj Moussami » destiné à fournir la main-d’œuvre saisonnière nécessaire aux activités agricoles, mais également à certains secteurs des travaux publics et aux activités à caractère saisonnier.

Pour Younes Sekkouri, la question de l’emploi ne se limite plus au nombre de postes disponibles. Elle dépend désormais de plusieurs facteurs : l’adéquation des compétences, les conditions de travail, les niveaux de rémunération ainsi que la capacité de mobilité des travailleurs.

Cette réalité impose, selon lui, une refonte des mécanismes de formation, d’orientation professionnelle et d’accompagnement vers l’emploi afin de mieux répondre aux besoins des entreprises et aux mutations du marché du travail.

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