Le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation des services publics. La ministre Amal El Fallah Seghrouchni a annoncé, mercredi à la Chambre des représentants, le lancement prochain d’un référentiel national unifié destiné à évaluer le niveau de maturité numérique des administrations publiques.
Présentant les mesures engagées en réponse aux recommandations du Médiateur du Royaume pour l’année 2024, la ministre a expliqué que ce nouvel outil permettra aux administrations d’évaluer régulièrement leurs performances numériques, d’identifier leurs besoins d’accompagnement et d’améliorer la qualité des services proposés aux usagers.
Le projet prévoit la mise en place d’une plateforme numérique dédiée à l’autoévaluation des administrations, tout en alignant les mécanismes de mesure sur les standards internationaux en matière de gouvernance numérique.
Parallèlement, le ministère lance une deuxième campagne d’évaluation des registres de données administratives afin de renforcer l’interopérabilité entre les administrations publiques, de simplifier les procédures et d’améliorer la gestion sécurisée des données publiques.
Plus de 600 services publics déjà accessibles en ligne
La ministre a également mis en avant les progrès réalisés dans le développement des plateformes numériques nationales. Le portail des démarches administratives « Idarati », le référentiel national des services publics numériques et la plateforme « Mon identité numérique » figurent parmi les principaux outils déployés ces dernières années.
Selon les chiffres présentés, plus de 600 services publics sont aujourd’hui disponibles en ligne, dont une centaine destinés directement aux administrations publiques.
Concernant l’emploi public, la nouvelle version du portail emploi.ma, lancée en 2025, a permis de renforcer la transparence et l’égalité d’accès aux concours administratifs. Entre 2019 et 2025, la plateforme a enregistré plus de 833.000 candidatures électroniques, couvrant 115 administrations et 1.348 concours de recrutement.
Objectif : Maroc numérique 2030
La stratégie nationale « Maroc Digital 2030 » ambitionne de simplifier 40 % des procédures administratives, de réduire de moitié les délais de traitement et de remplacer progressivement les démarches papier par des services entièrement dématérialisés.
Le gouvernement vise également un taux de satisfaction des usagers de 80 % grâce à la digitalisation des services publics.
Parmi les résultats déjà obtenus, la ministre a cité l’exemple de l’inscription au baccalauréat libre, dont la durée est passée de deux jours à moins de vingt minutes grâce à la suppression de plusieurs documents et déplacements administratifs.
Renforcement du cadre juridique
Le ministère travaille également sur plusieurs textes réglementaires destinés à accompagner cette transformation numérique. Parmi eux figurent un projet de décret généralisant l’identité numérique nationale, ainsi qu’un autre encadrant l’organisation, la gouvernance et la diffusion des données publiques ouvertes.
Ces réformes répondent notamment aux recommandations du Médiateur du Royaume, qui avait appelé à accélérer la numérisation de l’administration afin de réduire les contacts directs avec les usagers, lutter contre la corruption et améliorer l’efficacité des services publics.