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Intelligence artificielle : le Maroc mise sur sa diaspora pour bâtir sa souveraineté numérique

19 juin 2026 - 12:07

Rabat – Le Maroc veut passer du statut de consommateur de technologies à celui de producteur de solutions numériques. C’est le message qui s’est imposé lors des « Moumkine Day’s 2026 », organisés à l’Université internationale de Rabat (UIR), où responsables institutionnels, experts et membres de la diaspora ont débattu des fondements d’une stratégie nationale de souveraineté numérique à l’horizon 2030.

Au cœur des discussions, une conviction partagée : la richesse la plus stratégique du Royaume ne réside plus uniquement dans ses infrastructures ou ses investissements, mais dans le capital humain marocain disséminé à travers les grands centres mondiaux de recherche, d’innovation et d’industrie.

Pour les participants, l’intelligence artificielle redéfinit désormais les rapports de puissance entre les États. Dans ce contexte, la maîtrise des données, des algorithmes et des compétences technologiques apparaît comme un enjeu de souveraineté aussi déterminant que l’énergie ou les infrastructures.

Président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Abdelkader Amara a souligné que l’indépendance numérique ne se mesure plus seulement à la capacité d’acquérir des technologies étrangères, mais à celle de produire localement le savoir, les applications et les solutions capables de soutenir la compétitivité nationale.

Cette ambition place naturellement la diaspora marocaine au centre de l’équation. Ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs ou experts en cybersécurité installés en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie sont désormais perçus comme des partenaires stratégiques du développement technologique du Royaume.

Les intervenants ont ainsi insisté sur la nécessité de créer des passerelles permanentes entre ces compétences internationales et l’écosystème national, afin d’accélérer l’émergence d’une filière marocaine de l’intelligence artificielle fondée sur l’innovation, la confiance numérique et les standards éthiques.

Pour Omar Elmourabet, président du Forum marocain des compétences et des élites, l’exemple du football national illustre parfaitement le potentiel de cette dynamique. À l’image des talents binationaux qui ont contribué aux performances de l’équipe nationale, les experts marocains de l’étranger pourraient jouer un rôle déterminant dans les grands chantiers technologiques du pays.

Le secteur privé partage cette vision. Karim Amor, président de la 13ᵉ région de la CGEM, estime que les grandes puissances technologiques se sont construites grâce à leur capacité à attirer ou à faire revenir leurs élites expatriées. Selon lui, le Maroc dispose aujourd’hui d’un réservoir exceptionnel de compétences réparties dans plus de cent pays.

Au-delà de l’intelligence artificielle, les débats ont également porté sur les défis de cybersécurité liés à l’accélération numérique. Face à des menaces de plus en plus sophistiquées, les experts marocains spécialisés dans des domaines de pointe comme le chiffrement post-quantique ou la protection des données souveraines pourraient constituer un atout majeur pour renforcer la résilience numérique du Royaume.

À travers cette réflexion collective, une idée s’impose : la souveraineté technologique du Maroc ne se construira pas uniquement dans les laboratoires ou les centres de données, mais également grâce à sa capacité à mobiliser, connecter et valoriser les talents marocains du monde entier.

À l’horizon 2030, le défi ne sera donc pas seulement technologique. Il sera aussi humain, organisationnel et stratégique.

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