Les principaux régimes de retraite au Maroc continuent de souffrir de déséquilibres structurels, malgré une légère amélioration observée en 2025. C’est le constat dressé par le Rapport annuel sur la stabilité financière 2025, publié conjointement par Bank Al-Maghrib, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
Le rapport souligne que les revalorisations salariales décidées dans le cadre de l’accord du dialogue social signé le 29 avril 2024 ont permis d’accroître les ressources financières des régimes de retraite du secteur public. Toutefois, leur impact sur la viabilité à long terme demeure limité.
S’agissant du Régime des pensions civiles géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR), ces recettes supplémentaires n’ont permis que de repousser légèrement l’horizon d’épuisement des réserves, sans modifier durablement la situation financière du régime.
Le document relève également que ces augmentations salariales ont eu un effet moins favorable sur le Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR). Selon les auteurs du rapport, le maintien de droits à pension supérieurs au niveau des cotisations versées continue d’alimenter les déséquilibres actuariels du système.
Dans le secteur privé, le rapport indique que la branche des pensions de long terme de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a conservé un excédent financier, soutenu par une dynamique démographique favorable. Les institutions signataires avertissent toutefois que cet équilibre masque un problème structurel de tarification des droits accordés, susceptible de compromettre la solidité financière du régime à long terme en l’absence de réforme.
Face à cette situation, le rapport réaffirme que la réforme globale du système de retraite est devenue incontournable afin de réduire les engagements non financés et de garantir la pérennité des pensions.
Le projet de réforme prévoit la création de deux pôles de retraite : un pôle public regroupant les régimes destinés aux fonctionnaires et un pôle privé réunissant les dispositifs applicables aux salariés du secteur privé. Cette réorganisation vise à renforcer la gouvernance des régimes, améliorer leur équilibre financier et assurer la continuité du versement des pensions dans les années à venir.