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Face à Trump, l’Iran revendique son avantage dans la « partie d’échecs » d’Ormuz

11 août 2026 - 11:50

Téhéran exclut toute négociation directe avec Washington et conditionne la normalisation du trafic maritime au respect du protocole conclu en juin. La volonté iranienne d’obtenir une contrepartie financière pour le passage des navires complique encore la recherche d’un compromis.

L’Iran a repris à son compte la métaphore employée par Donald Trump pour décrire son bras de fer avec Téhéran, tout en maintenant la pression sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.

« Les Iraniens ont montré qu’ils étaient des joueurs d’échecs professionnels », a déclaré Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Cette formule répond aux propos tenus par le président américain dans un entretien accordé à Axios. Trump avait comparé la crise à une partie d’échecs et assuré qu’une solution finirait par être trouvée.

Derrière cette assurance affichée, les discussions restent pourtant dans l’impasse. Téhéran affirme qu’aucune négociation directe n’est en cours et que les deux pays échangent uniquement des messages par l’intermédiaire de médiateurs.

L’accord de juin toujours paralysé

L’Iran et les États-Unis avaient conclu à la mi-juin un protocole destiné à réduire les tensions et à préparer la normalisation du trafic maritime. Le processus s’est interrompu au début du mois de juillet, chaque camp accusant l’autre de ne pas respecter ses engagements.

Téhéran refuse de reprendre les discussions tant que Washington poursuit ce qu’il qualifie de violations du protocole. L’administration américaine privilégie de son côté la pression économique et n’exclut pas de nouvelles mesures si l’Iran maintient ses exigences.

Donald Trump a indiqué vouloir temporairement réduire l’intensité de la confrontation. Cette retenue apparente doit permettre aux sanctions et à l’isolement financier de produire davantage d’effets sur l’économie iranienne.

Ormuz au cœur du rapport de force

Le principal désaccord porte sur le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour les exportations mondiales de pétrole et de gaz. L’Iran conditionne la sécurité de la navigation à l’abandon des mesures américaines qu’il juge hostiles et à la mise en place d’un nouveau cadre de transit.

Des discussions se poursuivent avec Oman afin de définir une route maritime sécurisée. Esmail Baghaei a évoqué plusieurs points techniques encore en suspens ainsi que des mécanismes destinés à garantir la sécurité du passage.

Le porte-parole a également laissé entendre que l’Iran souhaitait obtenir une contrepartie financière en échange des services fournis aux navires. Washington et plusieurs États rejettent cette prétention.

Le droit international reconnaît un régime de passage dans les détroits servant à la navigation mondiale. De nombreux juristes estiment donc que l’imposition d’un paiement pour le simple transit serait contraire à ce principe.

L’Iran a signé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer sans la ratifier. Téhéran soutient par ailleurs une lecture restrictive des droits accordés aux États qui ne sont pas parties au traité, comme les États-Unis.

Une stratégie d’usure aux conséquences mondiales

L’image de la partie d’échecs traduit une confrontation dans laquelle chacun cherche à prolonger le temps de réflexion sans abandonner ses positions.

L’Iran utilise son contrôle de fait sur une partie de la navigation à Ormuz comme levier diplomatique et économique. Washington mise sur les sanctions, la pression financière et la menace d’une nouvelle escalade pour obtenir des concessions.

Cette stratégie d’attente entretient l’incertitude dans l’une des zones maritimes les plus importantes au monde. Même en l’absence de nouveaux affrontements, la crise influence les prix de l’énergie, le coût des assurances et l’organisation du transport international.

Les conséquences de cette partie dépassent largement les deux adversaires. Les pays du Golfe, les économies européennes et les États dépendants des importations énergétiques restent exposés à une crise dont l’issue diplomatique demeure incertaine.

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