Le capitaine argentin a exprimé ses doutes sur la durée de sa carrière dans une lettre adressée à Jorge Messi, décédé à l’âge de 68 ans. Ses propos traduisent un profond bouleversement personnel, sans constituer pour autant une annonce de retraite.
Lionel Messi a ouvertement évoqué, pour la première fois, la possibilité d’une fin prochaine de sa carrière après le décès de son père et représentant, Jorge Messi, mort samedi à Rosario à l’âge de 68 ans des suites d’une longue maladie.
Dans une lettre publiée sur Instagram, le joueur argentin décrit le vide laissé par celui qui fut à la fois son père, son conseiller et la présence la plus constante de toute sa trajectoire professionnelle.
« Je ne sais pas ce que je vais faire sans toi, ni comment continuer », a écrit Messi, avant de reconnaître nourrir de sérieux doutes sur sa capacité à poursuivre le football encore longtemps.
Cette réflexion, exprimée en plein deuil, ne constitue pas une décision définitive. Âgé de 39 ans, l’Argentin reste lié à l’Inter Miami jusqu’à la fin de la saison 2028. Il n’a cependant pas clarifié son avenir en sélection ni la durée pendant laquelle il souhaite encore évoluer au plus haut niveau.
Une Coupe du monde assombrie par la maladie
L’aggravation de l’état de santé de Jorge Messi a coïncidé avec la Coupe du monde 2026. L’Argentine y a atteint la finale avant de s’incliner 1-0 face à l’Espagne, le 19 juillet.
Messi explique que son père avait beaucoup insisté pour qu’il dispute ce dernier Mondial. Son état s’est toutefois détérioré quelques jours avant le début de la compétition et, pour la première fois, il n’a pas pu accompagner son fils lors d’un grand tournoi.
Le capitaine argentin s’était fixé pour objectif d’atteindre la finale, dans l’espoir que Jorge puisse voyager et assister au match. Il souhaitait également remporter le trophée afin de le lui rapporter personnellement.
Lors du premier match contre l’Algérie, Messi avait fondu en larmes après avoir inscrit l’un de ses trois buts. Il avait ensuite expliqué que cette émotion inhabituelle était liée à l’épreuve familiale qu’il traversait.
L’absence des messages que son père lui adressait habituellement après chaque rencontre lui a fait mesurer la gravité de la situation. Malgré cette inquiétude, il a poursuivi la compétition et inscrit huit buts, menant l’Argentine jusqu’à une deuxième finale mondiale consécutive.
Un corps qui ne répondait plus
Messi reconnaît ne jamais être parvenu à se sentir pleinement bien pendant le tournoi. En finale, il a tenté de dépasser ses limites physiques et son épuisement émotionnel, mais ses jambes ne lui ont plus permis de répondre comme il l’espérait.
À son retour en Argentine, il a constaté la dégradation de l’état de son père. Jorge pensait même que la finale avait été perdue aux tirs au but. Père et fils n’ont donc pratiquement pas pu échanger sur la compétition.
Le joueur lui a néanmoins exprimé sa reconnaissance pour l’avoir convaincu d’y participer. Même sans un nouveau titre mondial, cette dernière aventure a conservé, à ses yeux, une valeur profondément personnelle.
Père, ami et représentant
Jorge Messi a joué un rôle déterminant dans la carrière de son fils. Il l’a accompagné depuis les terrains de l’enfance à Rosario jusqu’à son arrivée à Barcelone, avant de prendre en charge pendant de longues années ses contrats et ses intérêts professionnels.
Exigeant et peu enclin aux compliments, il assistait à presque tous ses matchs et constituait le principal point d’appui d’une carrière couronnée par huit Ballons d’Or.
Dans sa lettre, Messi le décrit comme un père, un ami et un représentant, capable d’occuper chacune de ces places au moment où il le fallait.
La publication a suscité de nombreux messages de soutien de la part de personnalités du sport, parmi lesquelles Neymar, Sergio Agüero, Cristiano Ronaldo et Carlos Alcaraz.
Jorge Messi a été inhumé dimanche lors d’une cérémonie privée organisée près de Rosario. La famille a souhaité préserver l’intimité des obsèques.
Lionel Messi a ensuite regagné les États-Unis pour retrouver l’Inter Miami. Son retour auprès de son club ne referme toutefois pas la réflexion contenue dans sa lettre : pour la première fois, la fin de sa carrière paraît liée non seulement à l’âge ou à l’état physique, mais aussi à l’absence de celui qui l’accompagnait depuis ses premiers pas sur un terrain.