Le Venezuela a accordé à un consortium dirigé par le groupe britannique BP une licence d’exploration et de développement de la deuxième phase du champ gazier offshore de Loran, situé dans la Plataforma Deltana, à proximité de la frontière maritime avec Trinité-et-Tobago.
Le projet associe BP, l’émirati XRG —filiale internationale d’ADNOC— et UCC Oil & Gas Holding, rattaché au conglomérat qatari UCC Holding. Les trois partenaires détiendront des participations égales, tandis que BP assurera le rôle d’opérateur.
La deuxième phase renfermerait environ 4.000 milliards de pieds cubes de ressources gazières récupérables. L’ensemble du champ de Loran, dans les eaux vénézuéliennes, disposerait de quelque 7.300 milliards de pieds cubes.
Shell a obtenu en juin la licence portant sur la première phase. Les deux volets doivent être développés en parallèle, selon BP, faisant de Loran l’un des principaux projets de la nouvelle ouverture du secteur énergétique vénézuélien aux capitaux internationaux.
La situation géographique du gisement donne à l’opération une portée régionale. Loran se prolonge vers le champ Manatee, situé dans les eaux de Trinité-et-Tobago et exploité par Shell. Les deux structures géologiques contiendraient ensemble près de 10.000 milliards de pieds cubes de gaz récupérable.
Le projet pourrait contribuer à alimenter les installations de gaz naturel liquéfié et l’industrie pétrochimique de Trinité-et-Tobago, confrontées depuis plusieurs années au recul de la production nationale. Cette connexion offrirait également au gaz vénézuélien un accès potentiel aux marchés internationaux à travers les infrastructures existantes du pays voisin.
La nouvelle licence donne corps au protocole d’accord conclu en avril entre BP et les autorités vénézuéliennes pour coopérer dans l’exploration et le développement de la Plataforma Deltana.
BP a parallèlement signé un autre mémorandum en vue d’évaluer des possibilités d’exploration dans le bloc Carupano East, intégré à la zone maritime de Mariscal Sucre, au large du nord-est du Venezuela.
Pour Caracas, l’accord représente une étape dans sa volonté de diversifier un secteur énergétique historiquement dominé par le pétrole. Pour BP et ses partenaires du Golfe, il ouvre l’accès à d’importantes ressources gazières encore inexploitées et reliées au marché caribéen du GNL.
La concrétisation du projet restera néanmoins tributaire des investissements, des infrastructures offshore et de la stabilité du cadre juridique et réglementaire vénézuélien.