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RDC: l’épidémie d’Ebola devient la deuxième plus meurtrière de l’histoire

17 août 2026 - 10:05

Avec 2.325 décès et près de 5.000 contaminations confirmées, l’épidémie déclarée en mai dans l’est de la République démocratique du Congo est désormais la plus grave jamais enregistrée dans le pays. Sa progression, d’une rapidité sans précédent, inquiète l’Organisation mondiale de la santé.

L’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC) est devenue la deuxième plus meurtrière jamais recensée dans le monde, derrière celle qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

Selon le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires congolaises, 2.325 personnes ont succombé à la maladie sur un total de 4.945 cas confirmés. L’épidémie avait été officiellement déclarée le 15 mai dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays.

Ces chiffres dépassent désormais ceux de l’épidémie qui avait touché le Nord-Kivu et l’Ituri entre 2018 et 2020, faisant 2.299 morts parmi 3.481 personnes infectées. Le bilan reste néanmoins encore très inférieur à celui de la crise ouest-africaine de 2014-2016, qui avait provoqué plus de 11.000 décès et quelque 28.000 contaminations.

Une létalité proche de 47%

D’après les données de l’Institut national de santé publique congolais, arrêtées au 15 août, le taux de létalité atteint environ 47%. Quelque 730 malades se trouvent en isolement ou sont hospitalisés, tandis que 1.040 personnes ont été déclarées guéries.

Le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades atteint 85,3%, un indicateur essentiel pour repérer rapidement les nouvelles contaminations et interrompre les chaînes de transmission.

Ce taux de létalité particulièrement élevé ne signifie toutefois pas nécessairement que le virus est devenu plus agressif. Il peut également s’expliquer par des diagnostics tardifs, la saturation des structures sanitaires, les difficultés d’accès aux zones touchées et la découverte de nombreux cas après le décès des patients.

Il s’agit de la dix-septième épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis l’identification du virus en 1976. Elle est désormais la plus meurtrière et la plus étendue de l’histoire du pays.

Six provinces désormais touchées

La circulation du virus concerne six provinces congolaises. L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, mais des contaminations ont également été recensées au Nord-Kivu, au Haut-Uélé et dans la Tshopo, ainsi qu’au Bas-Uélé, où un premier décès a été confirmé la semaine dernière.

Au Sud-Kivu, la situation paraît en revanche s’améliorer: aucun nouveau cas confirmé n’y a été détecté depuis environ 80 jours.

L’Institut national de santé publique souligne néanmoins que la transmission reste «active». Il appelle à renforcer la surveillance épidémiologique, les capacités de prise en charge, la recherche des contacts et la mobilisation des communautés.

La rapidité de propagation constitue l’une des principales sources d’inquiétude. Selon l’Organisation mondiale de la santé, cette épidémie progresse sensiblement plus vite que les précédentes. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti qu’elle pourrait, si cette dynamique se poursuivait, se rapprocher de l’ampleur de la crise survenue en Afrique de l’Ouest.

Une souche sans vaccin homologué

Les investigations sanitaires indiquent que le virus circulait probablement dans l’est congolais plusieurs mois avant la déclaration officielle de l’épidémie. Les premières infections pourraient remonter au début de l’année.

Après son apparition en Ituri, le virus s’est également propagé à l’Ouganda voisin. Kampala a enregistré vingt cas confirmés, dont quinze importés de RDC, ainsi que deux décès. Le pays s’est déclaré «libre d’Ebola» le 28 juillet, après l’interruption apparente des chaînes locales de transmission.

L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo. Sa létalité est généralement estimée entre 30% et 50%. Contrairement à la souche Zaïre, il n’existe à ce jour aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre cette variante, même si plusieurs produits expérimentaux font l’objet d’évaluations.

L’OMS prépare notamment un essai clinique portant sur de possibles vaccins. En attendant ses résultats, la prise en charge repose essentiellement sur les soins de soutien, l’isolement rapide des malades, la recherche des contacts et les mesures de prévention.

Le virus se transmet par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté, ainsi que par des objets contaminés. Il peut provoquer une forte fièvre, une fatigue intense, des vomissements, des diarrhées et, dans les cas graves, des hémorragies et une défaillance de plusieurs organes.

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