Le président américain réaffirme sa principale ligne rouge après l’expiration du délai diplomatique de 60 jours. Washington entretient toutefois une ambiguïté entre l’interdiction d’une bombe et l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium, que Téhéran revendique à des fins civiles.
Donald Trump a assuré lundi que l’Iran ne posséderait «en aucun cas» l’arme nucléaire et appelé Téhéran à brandir «le drapeau blanc de la reddition», dans un contexte d’escalade militaire et diplomatique entre les deux pays.
Lors d’un entretien accordé à Fox News, le président américain a présenté le renoncement iranien à l’arme atomique comme une condition non négociable à la fin du conflit. Il a ensuite réaffirmé sur Truth Social qu’empêcher la République islamique d’obtenir une bombe nucléaire demeurait sa priorité.
«L’Iran n’aura pas l’arme nucléaire», a insisté Donald Trump. La Maison-Blanche présente cette exigence comme une constante de sa politique étrangère.
Le délai diplomatique expire sans accord
Ces déclarations coïncident avec l’expiration du délai de 60 jours prévu par le mémorandum signé le 17 juin entre Washington et Téhéran. Ce texte devait mettre fin aux opérations militaires et permettre l’ouverture de négociations sur le programme nucléaire iranien et les autres différends opposant les deux pays.
L’arrangement provisoire avait néanmoins été fragilisé par la reprise des hostilités le 7 juillet. Les États-Unis avaient alors accusé l’Iran d’avoir attaqué des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, avant de bombarder de nouvelles cibles dans le sud du territoire iranien.
Les discussions n’ont pas permis d’aboutir à un accord définitif. Trump affirme ne pas être pressé de conclure, tout en durcissant ses exigences et en réclamant la reddition de l’Iran, selon Reuters.
Bombe atomique et enrichissement ne sont pas synonymes
La déclaration du président américain fixe une ligne politique, mais ne prouve pas que l’Iran possède actuellement une arme nucléaire. Téhéran nie toute finalité militaire et affirme que son programme poursuit des objectifs civils.
Washington cherche cependant à empêcher non seulement la fabrication d’une bombe, mais aussi à réduire, voire supprimer, les capacités iraniennes d’enrichissement de l’uranium. Les deux questions sont liées sans être techniquement identiques.
L’uranium enrichi peut servir à la production d’électricité, à la recherche scientifique ou à des applications médicales. Mais un niveau d’enrichissement élevé et l’accumulation de stocks raccourcissent le délai nécessaire pour obtenir une matière utilisable dans une arme.
La vérification internationale demeure donc essentielle. Les frappes contre les infrastructures nucléaires et les restrictions imposées aux inspecteurs ont rendu plus difficile le suivi complet des activités iraniennes.
Une ligne rouge ancienne dans un contexte nouveau
Donald Trump répète depuis des années qu’il ne permettra jamais à l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. La nouveauté réside moins dans cette position que dans le contexte où elle est réaffirmée: une guerre prolongée, des négociations paralysées et une confrontation croissante autour du détroit d’Ormuz.
Téhéran accuse Washington d’instrumentaliser le dossier nucléaire pour justifier sa pression militaire et économique. Les États-Unis estiment, de leur côté, que les assurances iraniennes ne sont pas crédibles sans mécanismes d’inspection stricts et vérifiables.
La question centrale n’est donc pas seulement de savoir si les deux camps peuvent accepter le principe d’un Iran sans arme nucléaire, mais quelles limites, inspections et garanties ils seraient disposés à inscrire dans un accord durable.