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Trump menace de bombarder Oman s’il entrave un accord sur le détroit d’Ormuz

18 août 2026 - 08:59

Le président américain accentue la pression sur l’un des partenaires traditionnels de Washington dans le Golfe. L’Iran et Oman négocient un corridor sécurisé pour la navigation, mais aucun accord instaurant un péage général pour les navires marchands n’a été confirmé.

Le président américain Donald Trump a menacé de frapper Oman si le sultanat faisait obstacle aux projets de Washington concernant le détroit d’Ormuz, devenu l’un des principaux enjeux de la guerre avec l’Iran.

«Si Oman se met en travers de notre chemin, nous le bombarderons et le détruirons», a déclaré Trump au correspondant de Fox News Trey Yingst, selon des extraits de l’entretien diffusés lundi.

Le dirigeant américain a également appelé l’Iran à «lever le drapeau blanc» et à se rendre, alors que les discussions destinées à rétablir la navigation dans le détroit restent entourées d’incertitudes.

La menace est d’autant plus inhabituelle qu’Oman entretient un partenariat stratégique avec les États-Unis et joue depuis plusieurs années un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran.

Une menace déjà formulée en mai

Ce n’est pas la première fois que Trump emploie un tel langage à l’encontre du sultanat. Le 27 mai, lors d’une réunion de son cabinet, il avait déclaré qu’Oman devrait se comporter «comme tout le monde», faute de quoi les États-Unis seraient contraints de «le faire sauter».

Ses propos avaient initialement suscité des interrogations sur une possible confusion entre Oman et l’Iran. Le département d’État américain avait toutefois relayé la déclaration en mentionnant explicitement le pays arabe.

La nouvelle menace, rapportée notamment par The Wall Street Journal, accroît la pression exercée sur Mascate au moment où le sultanat tente de conclure avec l’Iran un dispositif destiné à sécuriser le passage des navires commerciaux.

Téhéran et Mascate discutent d’un corridor maritime

Le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé la poursuite de discussions «sérieuses» avec Oman. Les deux parties échangent actuellement leurs observations sur le texte d’une déclaration conjointe.

Les négociations visent à établir des voies sûres d’entrée et de sortie dans le détroit, tout en respectant les droits souverains des deux États riverains. Téhéran a affirmé au début du mois d’août que les coordonnées géographiques du corridor proposé avaient déjà été définies.

Cet arrangement ne garantit pas encore une reprise complète du trafic maritime. Rien ne permet non plus d’affirmer qu’il prévoit l’instauration d’un péage général obligatoire, comme le redoute Washington.

Les options évoquées jusqu’à présent concernent plutôt d’éventuels frais en contrepartie de services précis, notamment la sécurité maritime ou la protection de l’environnement, qui pourraient être gérés dans un cadre impliquant une organisation internationale.

Avant le déclenchement de la guerre, environ un cinquième du pétrole consommé ou commercialisé dans le monde transitait par Ormuz, ainsi qu’une part importante du gaz naturel liquéfié. La forte réduction de la navigation a donc affecté les marchés énergétiques et les chaînes d’approvisionnement.

Une médiation fragilisée

Oman mène traditionnellement une diplomatie prudente et conserve des canaux de communication avec des puissances rivales. Cette neutralité lui a notamment permis d’accueillir des échanges discrets entre les États-Unis et l’Iran.

La menace de Trump révèle une contradiction dans la stratégie américaine: Washington a besoin de la médiation omanaise pour maintenir un dialogue avec Téhéran, mais refuse qu’un arrangement entre les deux États riverains réduise son influence sur le détroit.

Le président américain affirme qu’Ormuz doit rester une voie internationale ouverte et soutient que les États-Unis en assurent le contrôle. Washington ne possède toutefois aucune souveraineté sur ces eaux. Tout régime durable de navigation devra respecter le droit international et tenir compte de l’Iran et d’Oman en leur qualité d’États riverains.

En menaçant un partenaire régional, Trump risque ainsi de fragiliser l’un des rares canaux diplomatiques encore susceptibles d’empêcher une nouvelle escalade militaire.

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