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Trump réduit les exercices avec Séoul et affirme avoir renoué le contact avec Kim Jong-un

18 août 2026 - 09:23

Le président américain présente sa décision comme un geste d’apaisement envers Pyongyang. La Corée du Nord n’a toutefois confirmé aucun échange, tandis que la méthode employée par Washington suscite des interrogations sur la solidité de son alliance avec Séoul.

Donald Trump a ordonné une réduction «substantielle» de la participation américaine aux exercices militaires organisés avec la Corée du Sud et affirmé que le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, avait répondu à ses tentatives de reprise du dialogue.

Interrogé dans le Bureau ovale sur l’absence de réaction de Kim depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a répondu: «Comment savez-vous qu’il n’a pas répondu?»

Pressé de confirmer l’existence d’un échange, Trump a répondu par l’affirmative et qualifié les contacts de «très positifs», sans en préciser la nature ou le contenu.

Pyongyang n’a publiquement confirmé ni message ni négociation. Il est donc impossible de savoir s’il s’agit d’un contact direct, d’une communication transmise par un intermédiaire ou d’une véritable reprise des pourparlers.

Une réduction décidée à la dernière minute

Trump a annoncé sa décision dimanche, à la veille du lancement de l’exercice annuel Ulchi Freedom Shield.

Prévues sur onze jours, ces manœuvres associent des simulations de commandement et des entraînements sur le terrain. Elles visent à préparer la défense conjointe contre une éventuelle attaque nord-coréenne et intègrent les enseignements tirés des conflits récents, notamment de la participation de militaires nord-coréens à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

Le président américain juge que ces exercices adressent un message «inapproprié et hostile» à la Corée du Nord. Washington et Séoul les présentent comme défensifs, tandis que Pyongyang les considère comme la répétition générale d’une invasion.

Les autorités sud-coréennes ont indiqué que les manœuvres avaient commencé comme prévu. Les modalités exactes de la réduction américaine —effectifs, activités ou unités concernées— n’ont pas été rendues publiques.

Séoul sanctionné pour son refus de combattre l’Iran

Le geste envers Pyongyang s’accompagne d’un reproche directement adressé à la Corée du Sud. Trump accuse Séoul de ne pas avoir soutenu militairement les États-Unis dans leur guerre contre l’Iran.

«Nous avons 39.000 soldats là-bas pour les protéger de Kim Jong-un, leur voisin, et ils refusent de nous aider dans une opération militaire très simple en Iran. C’est étrange», a-t-il déclaré.

Le chiffre avancé par le président ne correspond pas aux données généralement communiquées par les autorités américaines, qui font état d’environ 28.500 militaires stationnés en permanence en Corée du Sud.

L’argument de Trump traduit surtout une vision transactionnelle de l’alliance: la protection américaine serait conditionnée au soutien apporté par Séoul à des opérations décidées par Washington dans d’autres régions.

Or, le traité de défense entre les États-Unis et la Corée du Sud vise principalement la sécurité de la péninsule coréenne. Il n’impose pas automatiquement à Séoul de participer à une guerre contre l’Iran.

Les limites de la diplomatie personnelle

Trump avait rencontré Kim à trois reprises durant son premier mandat: à Singapour en 2018, à Hanoï et dans la zone démilitarisée en 2019.

Il avait alors suspendu ou réduit certaines manœuvres militaires afin de favoriser les négociations. Ces rencontres avaient marqué une rupture spectaculaire avec plusieurs décennies d’hostilité, mais elles n’avaient débouché sur aucun accord vérifiable concernant l’arsenal nucléaire nord-coréen.

Depuis, Pyongyang a poursuivi le développement de ses armes nucléaires et de ses missiles balistiques, tout en approfondissant son partenariat militaire avec Moscou.

La réduction des exercices pourrait faciliter une reprise du dialogue. Elle risque aussi d’affaiblir la préparation des forces alliées si elle n’est accompagnée d’aucune mesure équivalente de la part de la Corée du Nord.

Une alliance fragilisée

Le sénateur démocrate Jack Reed a qualifié la décision d’«insensée et improvisée». Il estime que la Chine et la Russie observent la facilité avec laquelle le président américain remet en question ses engagements envers les alliés de Washington.

Plusieurs spécialistes redoutent également une dégradation de la coordination militaire entre les États-Unis et la Corée du Sud, ainsi qu’un affaiblissement de la dissuasion face aux capacités nucléaires nord-coréennes.

Le gouvernement sud-coréen espère néanmoins que la relation personnelle entre Trump et Kim permettra de rouvrir un canal diplomatique.

Pour l’heure, la concession américaine est publique et immédiate. La réponse nord-coréenne, elle, reste invérifiable.

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