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Belgique: le plus vaste incendie de son histoire partiellement contenu, mais toujours actif

18 août 2026 - 10:24

Près de 3.000 hectares ont été touchés dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes. Les pluies et des vents plus favorables ont ralenti la progression des flammes, mais le feu continue de gagner une zone inaccessible et pourrait couver plusieurs semaines dans les tourbières.

L’incendie qui ravage depuis cinq jours le parc naturel des Hautes Fagnes, dans la province de Liège, a très peu progressé durant la nuit de lundi à mardi. Le bilan provisoire reste estimé à environ 3.000 hectares touchés, ce qui en fait le plus vaste feu jamais enregistré en Belgique.

Le Service public de Wallonie (SPW) souligne toutefois que l’incendie n’est pas encore maîtrisé. Il demeure contenu dans les secteurs où les équipes peuvent intervenir, notamment sur son front sud-est, mais a continué à avancer durant la nuit dans une zone inaccessible aux moyens terrestres.

Cette progression est restée limitée grâce à des vents plus favorables et aux précipitations enregistrées en fin de nuit. Les services de secours ajustent leur dispositif en fonction de l’évolution des foyers et des conditions météorologiques.

Le ministre fédéral de la Sécurité et de l’Intérieur, Bernard Quintin, a prévenu que les opérations d’extinction pourraient se prolonger durant plusieurs semaines.

«Le travail est colossal», a déclaré à RTL Info Frédéric Vaassen, porte-parole de la zone de secours Vesdre-Hoëgne et Plateau, qui regroupe 19 communes de la province de Liège.

La pluie ralentit le feu, mais complique les opérations aériennes

De nouvelles précipitations sont attendues mardi et mercredi. Elles devraient contribuer à freiner l’incendie, tandis que les températures dans la région baisseront autour de 17 à 18 °C, selon l’Institut royal météorologique.

La couverture nuageuse peut cependant réduire la visibilité et compliquer l’intervention des avions et des hélicoptères mobilisés au-dessus du massif.

Le feu peut également continuer à brûler sous la surface. La tourbe accumulée dans le sol se consume lentement en profondeur, parfois sans produire de flammes visibles, avant de provoquer de nouvelles reprises lorsque les conditions redeviennent plus sèches.

Parler d’un incendie «contenu» ne signifie donc ni qu’il est éteint, ni que tout risque de propagation a disparu.

Un dispositif international de grande ampleur

Près de 500 personnes et plus de 120 véhicules restent engagés dans les opérations, selon le dernier bilan officiel du Service public de Wallonie.

Les pompiers belges, issus d’une vingtaine de zones de secours, reçoivent l’appui d’équipes luxembourgeoises et de plusieurs partenaires européens.

Le dispositif comprend notamment six véhicules Panther et deux camions de ravitaillement de la Défense belge, deux arroseuses et deux hélicoptères de la Police fédérale, un hélicoptère néerlandais, deux allemands, deux norvégiens ainsi que deux avions suédois.

La Protection civile a installé des citernes, un poste de commandement et trois bassins permettant de faciliter le ravitaillement des hélicoptères. Des drones sont utilisés durant la nuit pour surveiller les zones inaccessibles.

Les avions suédois doivent prélever leur eau dans le canal Albert, à proximité de Visé, les lacs situés autour de la zone incendiée n’étant pas adaptés à leur ravitaillement. La navigation y est temporairement interrompue pendant ces opérations.

Retour partiel des habitants

Les habitants de Sourbrodt, dans la commune de Waimes, évacués à titre préventif, ont été autorisés à regagner leur domicile lundi à partir de 21 heures.

En revanche, les habitants de Küchelscheid et de Leykaul, dans la commune de Bütgenbach, ne peuvent pas encore rentrer chez eux pour des raisons de sécurité.

Les autorités maintiennent la fermeture de plusieurs routes, sentiers et sites touristiques. L’accès aux barrages d’Eupen et de la Gileppe reste interdit afin de ne pas gêner le travail des secours.

Tout vol de drone privé est également prohibé dans le périmètre de l’incendie, de nombreux aéronefs évoluant à basse altitude.

Des tourbières vieilles de 11.000 ans menacées

Les Hautes Fagnes constituent la plus ancienne réserve naturelle de Wallonie. Protégée depuis 1957, elle couvre environ 6.000 hectares de landes, de forêts et de tourbières sur un plateau où se trouve le Signal de Botrange, point culminant de la Belgique.

Les flammes ont atteint deux des trois tourbières encore actives de la région. Ces formations se sont progressivement constituées depuis la fin de la dernière glaciation.

Leurs couches successives conservent des pollens, des débris végétaux et des microorganismes qui permettent de reconstituer l’évolution du climat et de la végétation au cours des millénaires.

Jean Collard, président de l’association Les Amis de la Fagne, évoque ainsi la possible «disparition de 11.000 ans d’histoire». La formule ne signifie pas que toute l’histoire naturelle du site sera effacée, mais souligne le caractère irremplaçable des archives biologiques détruites par le feu.

Au-delà des hectares brûlés, l’impact réel de l’incendie dépendra de la profondeur atteinte dans les sols tourbeux. Une combustion superficielle peut permettre une régénération progressive; un feu profond risque, en revanche, de détruire durablement les capacités de stockage du carbone, la biodiversité et le fonctionnement hydrologique de cet écosystème exceptionnel.

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