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Une orque ibérique blessée par de possibles tirs : l’Espagne ouvre une enquête

20 août 2026 - 07:23

Une enquête a été ouverte en Espagne après la découverte de blessures récentes sur une orque femelle évoluant entre les côtes portugaises, le golfe de Cadix et le détroit de Gibraltar. Une organisation spécialisée dans la protection des cétacés soupçonne l’animal d’avoir été atteint par des plombs, une hypothèse qui n’a toutefois pas encore été officiellement confirmée.

Le ministère espagnol de la Transition écologique cherche à déterminer l’origine des blessures observées sur le dos et la nageoire dorsale de l’orque, connue sous le nom de « Toni ». L’organisation WeWhale estime que la forme et la localisation des lésions pourraient correspondre à des impacts de plombs.

À ce stade, les autorités restent prudentes. L’enquête devra établir la nature exacte des blessures, le lieu où elles ont été infligées et les circonstances de l’incident.

Le cas de Toni suscite une vive inquiétude en raison de son âge et de la fragilité de la population à laquelle elle appartient. Âgée d’environ 60 ans, elle serait le membre le plus ancien du groupe d’orques ibériques actuellement recensé. Cette population, considérée comme particulièrement vulnérable, ne compterait plus qu’une quarantaine d’individus selon les estimations les plus récentes.

Les investigations portent notamment sur les déplacements de l’animal au cours des dernières semaines. D’après le quotidien espagnol El País, Toni avait été observée près de Faro, dans le sud du Portugal, avant de rejoindre la région du détroit. Les photographies prises à ce moment-là ne montraient apparemment aucune trace des blessures constatées par la suite.

Cette chronologie élargit le périmètre des recherches aux eaux comprises entre le sud du Portugal, le golfe de Cadix et le détroit de Gibraltar. Elle ne permet donc pas, en l’état actuel des informations, d’affirmer que l’incident s’est produit précisément au large de Tanger.

Les orques ibériques se déplacent de manière saisonnière dans une vaste zone maritime, suivant notamment les migrations du thon rouge. Elles fréquentent ainsi le golfe de Cadix, le détroit de Gibraltar et les eaux longeant la côte marocaine, notamment celles situées à proximité de Tanger.

La mobilité transfrontalière de ces animaux complique leur protection et rend indispensable une coordination entre les pays riverains. En 2024, le Maroc, l’Espagne et d’autres États avaient participé à un atelier international consacré aux moyens de réduire les risques auxquels les orques sont exposées, en particulier lors de leurs interactions avec les voiliers et d’autres embarcations.

Entre avril et août, les recommandations espagnoles invitent les navigateurs à éviter, dans la mesure du possible, les zones où la présence d’orques est la plus probable entre le golfe de Cadix et le détroit. Elles rappellent également l’interdiction d’utiliser des procédés susceptibles de blesser ou de perturber ces animaux pour les éloigner des bateaux.

L’affaire remet ainsi en lumière la vulnérabilité de l’une des populations de cétacés les plus rares de la région. Les conclusions de l’enquête devront déterminer si Toni a réellement été atteinte par des plombs et, le cas échéant, où et par qui les tirs ont été effectués.

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