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Une thérapie personnalisée à ARN messager réduit les récidives du mélanome en phase 3

20 août 2026 - 09:26

Moderna et Merck ont annoncé des résultats positifs de phase 3 pour une thérapie personnalisée à ARN messager destinée à réduire le risque de récidive chez des patients opérés d’un mélanome à haut risque.

Le traitement expérimental, baptisé intismeran autogene, a été administré en association avec le pembrolizumab, l’immunothérapie commercialisée par Merck sous le nom de Keytruda.

Selon les résultats préliminaires communiqués par les deux laboratoires, cette combinaison a permis une amélioration statistiquement significative de la survie sans récidive et de la survie sans métastase à distance, par rapport à l’utilisation du pembrolizumab seul.

L’essai INTerpath-001 a porté sur 1 137 patients atteints d’un mélanome cutané de stade IIB, IIC, III ou IV, dont la tumeur avait été entièrement retirée par chirurgie. Les participants, qui n’avaient pas reçu auparavant de traitement systémique, ont été répartis entre le traitement combiné et Keytruda seul.

Il s’agit du premier résultat positif de phase 3 obtenu par une thérapie anticancéreuse individualisée reposant sur l’ARN messager. Moderna et Merck n’ont toutefois pas encore publié les chiffres permettant de mesurer précisément l’ampleur du bénéfice.

Les résultats proviennent en outre d’une analyse intermédiaire. L’étude se poursuivra afin d’évaluer d’autres critères essentiels, notamment la survie globale, autrement dit la capacité du traitement à prolonger effectivement la vie des patients.

Les laboratoires prévoient de présenter les données détaillées lors d’un prochain congrès médical international, avant d’engager les démarches nécessaires auprès des autorités sanitaires.

Il ne s’agit pas d’un vaccin préventif

Bien qu’il soit souvent présenté comme un « vaccin contre le cancer », l’intismeran autogene ne vise pas à empêcher l’apparition d’un mélanome chez une personne en bonne santé.

Il s’agit d’un traitement adjuvant, administré après l’opération à des patients déjà diagnostiqués, mais qui restent exposés au risque de voir la maladie réapparaître.

Pour produire cette thérapie, les chercheurs analysent un échantillon de la tumeur afin d’identifier ses mutations particulières. À partir de cette signature génétique, ils fabriquent une séquence synthétique d’ARN messager pouvant coder jusqu’à 34 néoantigènes.

L’objectif est d’apprendre au système immunitaire à reconnaître les caractéristiques propres aux cellules cancéreuses du patient et à les attaquer.

Keytruda bloque pour sa part la protéine PD-1, l’un des mécanismes utilisés par certaines tumeurs pour échapper aux défenses immunitaires. L’association vise donc à indiquer au système immunitaire quelles cellules cibler, tout en levant une partie du frein qui limite sa réponse.

Un résultat encourageant, mais encore incomplet

Les deux groupes ont indiqué qu’aucun nouveau signal de sécurité n’avait été observé et que les effets indésirables correspondaient à ceux déjà relevés dans les études précédentes. La publication complète des résultats sera cependant nécessaire pour en connaître la fréquence et la gravité.

Un essai de phase 2 mené précédemment auprès d’un nombre beaucoup plus restreint de patients avait montré, après cinq années de suivi, une réduction de 49 % du risque de récidive ou de décès et de 59 % du risque de métastase à distance ou de décès, par rapport à Keytruda seul.

Ces pourcentages ne peuvent pas être automatiquement appliqués au nouvel essai tant que ses données détaillées n’ont pas été rendues publiques.

Cette avancée renforce la possibilité de développer des traitements anticancéreux fondés sur la signature génétique de chaque tumeur. Elle ne signifie pas pour autant que la thérapie soit déjà disponible : celle-ci devra encore faire l’objet d’une évaluation scientifique complète et obtenir l’autorisation des organismes de régulation avant de pouvoir entrer dans la pratique clinique.

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