Le Forum Azzahra pour la femme marocaine alerte sur plusieurs irrégularités présumées concernant la participation des femmes aux élections législatives du 23 septembre. Entre soupçons d’investitures monnayées, poids des réseaux familiaux et faible présence féminine en tête des listes locales, l’organisation s’interroge sur l’égalité des chances dans l’accès au Parlement.
Dans ses premières observations sur le scrutin, le Forum rapporte les témoignages de plusieurs militantes d’un parti politique affirmant que des contributions financières leur auraient été réclamées en échange d’une investiture, sous prétexte de participer au financement de la campagne électorale.
Selon l’organisation, certaines candidates auraient été écartées après avoir refusé de verser les sommes demandées, tandis que d’autres, disposant de moyens financiers importants, auraient obtenu la tête de listes régionales. Ces accusations, qui nécessitent des vérifications, soulèvent la question de la transparence des procédures d’investiture et de l’utilisation des financements publics accordés aux partis.
Une présence féminine encore limitée dans les circonscriptions locales
Les chiffres officiels illustrent les difficultés d’accès des femmes aux candidatures locales. Sur 5 505 candidatures enregistrées dans ces circonscriptions, seules 875 émanaient de femmes, soit 15,89 %. Plus révélateur encore, seulement 121 des 1 615 listes locales étaient conduites par des femmes, soit 7,49 %.
L’organisation estime que ce mécanisme de discrimination positive risque ainsi de devenir un plafond plutôt qu’un tremplin vers une représentation politique plus équilibrée.
Le poids des héritages familiaux
Le Forum attire également l’attention sur certaines candidatures féminines s’inscrivant dans une logique familiale. Plusieurs affiches électorales mettaient en avant des candidates dont le père, la mère ou le frère avait déjà exercé un mandat parlementaire.
L’organisation y voit un possible mécanisme de transmission familiale du pouvoir politique, susceptible de détourner les dispositifs de promotion des femmes de leur objectif initial.
Ces observations relancent le débat sur les critères de sélection des candidats et sur la capacité des partis à garantir aux femmes un accès à la compétition électorale fondé sur leurs compétences et leur parcours politique, indépendamment de leurs ressources financières ou de leurs attaches familiales.