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Sahara marocain : le plan d’autonomie gagne de nouveaux appuis en Amérique latine

04 octobre 2026 - 11:17

L’Équateur, le Chili et le Salvador ont réaffirmé à New York, devant la 4e Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, leur soutien à des degrés différents à l’initiative marocaine d’autonomie. Trois prises de position qui témoignent d’une évolution notable en Amérique latine, région longtemps marquée par des positions plus contrastées sur la question du Sahara. 

La séquence diplomatique enregistrée vendredi à New York présente un intérêt particulier pour Rabat. En l’espace de quelques interventions devant la 4e Commission de l’Assemblée générale, l’Équateur, le Chili et le Salvador ont exprimé leur soutien à l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc en 2007, tout en réaffirmant leur attachement au processus politique conduit sous l’égide des Nations unies.

Les formulations employées ne sont cependant pas identiques. L’Équateur est allé jusqu’à qualifier le plan marocain d’autonomie d’« unique proposition sérieuse, crédible et réaliste » permettant d’avancer vers un règlement durable. Quito a également appelé les parties à participer de bonne foi et sans conditions préalables aux négociations facilitées par le secrétaire général de l’ONU et son Envoyé personnel, en prenant l’initiative marocaine comme base des discussions.

Le Chili affiche une position particulièrement explicite

La déclaration chilienne va plus loin sur la question de la souveraineté. Devant la 4e Commission, la représentante de Santiago a réaffirmé que son pays soutient la souveraineté du Maroc sur l’ensemble de son territoire, « y compris la région du Sahara ».

Le Chili considère parallèlement le plan d’autonomie présenté par Rabat en 2007 comme une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Cette position n’est pas apparue pour la première fois à la tribune des Nations unies. Le 21 septembre, lors d’une rencontre à New York entre les ministres des Affaires étrangères Francisco Pérez Mackenna et Nasser Bourita, Santiago avait officiellement annoncé son soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et au plan d’autonomie. Le communiqué conjoint prévoyait également de promouvoir les opportunités de coopération économique et commerciale dans la région.

Ce rapprochement dépasse d’ailleurs le seul dossier du Sahara. Les deux pays, qui célèbrent cette année 65 ans de relations diplomatiques, ont engagé le processus devant conduire à la négociation d’un accord de libre-échange, donnant une dimension économique supplémentaire au rapprochement entre Rabat et Santiago.

L’Équateur consolide son changement de cap

La position équatorienne mérite elle aussi d’être replacée dans une évolution plus longue. Quito avait décidé en octobre 2024 de suspendre sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » et de soutenir le processus politique conduit par les Nations unies. Depuis, les relations avec Rabat se sont progressivement renforcées.

En qualifiant désormais l’autonomie d’« unique proposition sérieuse, crédible et réaliste », l’Équateur franchit donc une nouvelle étape dans l’évolution de sa position diplomatique, tout en maintenant explicitement son soutien au cadre onusien et à la recherche d’une solution politique mutuellement acceptable. Le Salvador mise sur le réalisme et le pragmatisme

Le Salvador a adopté une formulation plus mesurée, mais également favorable à l’approche marocaine. Sa représentante a salué les efforts du Maroc en faveur d’une solution « réaliste, politique, pragmatique et durable » et présenté l’initiative d’autonomie comme un « élément fondamental » des efforts visant à régler le différend.

San Salvador a également réaffirmé son soutien au travail de l’Envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies et au processus politique mené sous l’égide de l’ONU.

Une dynamique latino-américaine à suivre

Au-delà de chacune de ces déclarations, leur concomitance est politiquement significative pour la diplomatie marocaine. L’Amérique latine a longtemps constitué l’un des espaces où les positions sur le Sahara étaient particulièrement divisées et sensibles aux alternances politiques nationales. Les déclarations de l’Équateur, du Chili et du Salvador montrent aujourd’hui une progression de l’argumentaire favorable au plan d’autonomie dans cette région.

Elles interviennent également à un moment important du calendrier onusien. Le Conseil de sécurité doit de nouveau examiner le dossier en octobre, alors que le mandat de la MINURSO arrive à échéance à la fin du mois.

Pour Rabat, l’enjeu latino-américain ne se limite toutefois plus au seul décompte des soutiens diplomatiques. Le rapprochement avec le Chili et l’Équateur s’accompagne notamment d’une volonté de développer les échanges économiques et la coopération Sud-Sud. Le soutien au plan d’autonomie tend ainsi à s’inscrire dans une relation plus large entre le Maroc et plusieurs pays d’Amérique latine, où diplomatie, commerce et coopération commencent davantage à se rejoindre.

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