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Maroc : le syndicat de l’enseignement supérieur clarifie les règles d’accès au master

06 octobre 2026 - 07:39

La polémique autour des inscriptions en master pour l’année universitaire 2026-2027 prend de l’ampleur au Maroc. En cause : l’application des formations à horaires aménagés pour les fonctionnaires et les salariés, mais aussi la demande, dans certains établissements, d’une attestation de non-emploi aux candidats souhaitant suivre un cursus en horaire normal. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup) rappelle que ces modalités s’inscrivent dans un cadre réglementaire et pédagogique qui s’impose aux universités.

Les informations faisant état d’une baisse du nombre de candidats à certains masters ont relancé ces derniers jours le débat sur les nouvelles conditions d’accès au deuxième cycle universitaire. Cette diminution est notamment mise en relation avec l’orientation des fonctionnaires et salariés vers des formations organisées selon des horaires aménagés.

Interrogé par Al Yaoum 24, Mustapha Azaïtiraoui, secrétaire général adjoint du Syndicat national de l’enseignement supérieur, a tenu à préciser le cadre dans lequel les établissements universitaires appliquent ces dispositions.

Des conditions d’accès encadrées

Selon le responsable syndical, les formations universitaires, notamment les cycles de master et de doctorat, sont soumises à des normes pédagogiques définissant aussi bien les conditions d’accès que l’organisation des enseignements.

Les universités disposent ainsi d’une marge d’appréciation pour examiner les candidatures, mais celle-ci doit s’exercer conformément aux conditions prévues par les cahiers des normes pédagogiques.

Azaïtiraoui souligne également que le principe des horaires aménagés destinés aux fonctionnaires et aux salariés est encadré juridiquement et ne résulte donc pas d’une initiative prise isolément par telle ou telle université.

Pourquoi demander une attestation de non-emploi ?

L’un des points qui suscitent le plus d’interrogations concerne la demande d’une attestation de non-emploi à certains candidats souhaitant s’inscrire dans un master organisé selon les horaires ordinaires.

Selon le responsable du SNESup, lorsqu’un établissement exige ce document, il peut s’agir d’un moyen de vérifier la situation professionnelle du candidat et de déterminer s’il relève du régime ordinaire ou de celui des horaires aménagés.

En principe, explique-t-il, un étudiant qui n’exerce pas d’activité professionnelle peut accéder aux formations en horaire normal, tandis que les fonctionnaires et les salariés déclarés relèvent du dispositif aménagé.

Une nuance est toutefois apportée concernant les personnes exerçant une activité occasionnelle ou travaillant à la journée : leur situation ne correspond pas nécessairement au statut de fonctionnaire ou de salarié déclaré auquel se réfère le cadre réglementaire.

Une contestation du système

Ces nouvelles modalités ne font toutefois pas l’unanimité. Une coordination opposée au système des horaires aménagés s’est constituée et la possibilité d’un boycott des inscriptions ou de certains concours d’accès au master a été évoquée.

Pour Mustapha Azaïtiraoui, la contestation de ce dispositif demeure légitime dès lors qu’elle s’exerce dans les formes légales et organisationnelles prévues. Il rappelle néanmoins que les dispositions actuellement en vigueur continuent de s’appliquer tant qu’elles n’ont pas été modifiées par les mécanismes juridiques et institutionnels compétents.

Un débat qui dépasse la seule inscription en master

Derrière les questions administratives se dessine un débat plus large sur l’organisation de la formation universitaire au Maroc et sur la manière de concilier l’accès des étudiants à temps plein avec celui des salariés et fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études.

La campagne d’inscription 2026-2027 constitue ainsi l’un des premiers tests concrets de l’application de ces modalités, alors que leurs conséquences sur le nombre de candidatures et sur l’organisation effective des masters restent au centre des discussions au sein de la communauté universitaire.

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