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Maroc : Benalilou appelle à passer du discours sur la corruption à l’identification des responsabilités

06 octobre 2026 - 07:41

Pour Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), la crédibilité de la lutte contre la corruption ne se mesure pas à la multiplication des discours ou des constats. Elle dépend de la capacité à identifier les causes des dysfonctionnements, à déterminer les responsabilités et à proposer des réformes applicables dont les résultats peuvent être évalués.

Mohamed Benalilou a plaidé pour une approche plus exigeante et plus opérationnelle de la lutte contre la corruption au Maroc, appelant à dépasser les jugements préétablis et les discours généralisateurs pour agir directement sur les mécanismes qui produisent les dysfonctionnements.

Le président de l’INPPLC s’exprimait à l’occasion du lancement d’un programme de formation consacré à la méthodologie d’élaboration de notes de politique publique dans les domaines de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption.

Douze participants prennent part à cette initiative, qui vise notamment à rapprocher la recherche de la décision publique et à transformer les connaissances produites par les chercheurs en propositions susceptibles d’accompagner les réformes.

Diagnostiquer les causes et déterminer les responsabilités

Au cœur de l’intervention de Benalilou figure une conception de la lutte contre la corruption qui ne se limite ni à sa dénonciation ni à l’adoption de nouvelles normes.

Pour le président de l’Instance, le sérieux d’une politique anticorruption se manifeste d’abord dans sa capacité à diagnostiquer les causes, identifier les responsabilités et élaborer des réformes qui puissent effectivement être mises en œuvre et dont les résultats puissent faire l’objet d’une reddition des comptes.

Cette approche suppose également de réexaminer régulièrement les politiques mises en place, d’en interroger l’efficacité et, lorsque leurs résultats se révèlent insuffisants, d’être capable de proposer des alternatives.

L’objectif, selon lui, est de faire en sorte que l’engagement en faveur de la probité ne reste pas une déclaration de principe, mais produise des effets concrets et mesurables dans le fonctionnement des institutions et dans la vie des citoyens.

Sortir des discours généralistes sur la corruption

Benalilou a également appelé à élever le niveau du débat public sur la corruption, estimant que les analyses trop générales et les jugements préconçus peuvent finalement empêcher de comprendre les mécanismes réels du phénomène.

La connaissance acquiert, selon lui, une véritable valeur publique lorsqu’elle permet de mettre au jour les dysfonctionnements, d’élargir les possibilités de réforme et d’aider les responsables publics à prendre des décisions davantage conformes à l’intérêt général.

Le président de l’INPPLC insiste ainsi sur le passage du constat à la proposition : identifier précisément un problème, comprendre ses causes, déterminer les responsabilités concernées puis concevoir des réponses institutionnelles susceptibles d’être effectivement appliquées.

Les chercheurs appelés à poser « les questions difficiles »

Le programme accorde dans cette perspective une place particulière aux chercheurs. Benalilou considère leur indépendance critique comme l’un des principaux atouts de l’initiative.

L’Instance attend d’eux qu’ils puissent poser les questions difficiles, remettre en cause certaines hypothèses établies et enrichir les différentes options de réforme, sans perdre de vue les conditions concrètes nécessaires à leur mise en œuvre.

L’initiative s’adresse ainsi aux chercheurs, doctorants, cadres et spécialistes des questions de probité et de politiques publiques.

Elle prolonge un appel à candidatures lancé en juillet dernier par l’INPPLC dans le but d’élargir la participation à l’élaboration des politiques anticorruption.

Un programme appelé à s’inscrire dans la durée

L’ambition dépasse le seul cycle de formation actuellement lancé. L’Instance entend inscrire cette démarche dans un programme de cinq ans, destiné à constituer progressivement un réservoir de propositions et à renforcer la place des travaux de recherche dans l’élaboration des politiques publiques.

À terme, l’objectif est de produire des notes suffisamment solides pour alimenter le débat institutionnel et, surtout, déboucher sur des propositions susceptibles d’être transformées en décisions.

La démarche défendue par Benalilou place ainsi la question de la responsabilité et de l’évaluation des résultats au centre du dispositif : lutter contre la corruption ne consiste pas seulement à reconnaître son existence, mais à comprendre pourquoi elle persiste, à identifier les responsabilités et à mesurer l’efficacité réelle des réformes engagées.

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