>

Yémen : les forces gouvernementales revendiquent la reprise de Bab el-Mandeb, les Houthis contestent leur recul

06 octobre 2026 - 18:26

Soutenues par d’intenses frappes aériennes saoudiennes, les forces du gouvernement yéménite reconnu internationalement affirment avoir repris des positions stratégiques autour du détroit de Bab el-Mandeb et de la ville portuaire de Mokha. Les Houthis contestent cependant ces annonces, tandis que les combats s’intensifient également sur d’autres fronts, notamment autour de Taëz.

La guerre au Yémen connaît une nouvelle accélération sur l’un de ses fronts les plus stratégiques. Les forces loyales au gouvernement reconnu internationalement ont annoncé avoir repris une grande partie du littoral entourant le détroit de Bab el-Mandeb, après une offensive rapide menée avec un important soutien aérien saoudien.

Selon plusieurs sources gouvernementales, les forces progouvernementales auraient repoussé les combattants houthis de la plupart des secteurs conquis par ces derniers au cours du mois précédent et progressé jusqu’aux abords de Mokha. Le ministère yéménite de la Défense a ensuite annoncé la reprise de cette ville portuaire. L’ampleur exacte des gains territoriaux revendiqués n’a toutefois pas pu être vérifiée de manière indépendante, tandis que les Houthis démentent avoir perdu le contrôle des positions annoncées par leurs adversaires.

Bab el-Mandeb, enjeu stratégique majeur

Dans le cadre de l’opération baptisée « Aube du Yémen », les forces gouvernementales avaient auparavant annoncé la prise du district de Dhubab, situé directement à l’entrée orientale du détroit, ainsi que de son aérodrome. Elles affirment également avoir coupé un axe routier important reliant cette zone à Mokha et renforcé leur contrôle sur plusieurs portions du littoral.

La maîtrise de Dhubab revêt une importance militaire considérable en raison de sa proximité immédiate avec Bab el-Mandeb. Le détroit constitue l’un des principaux passages maritimes entre l’océan Indien, le golfe d’Aden et la mer Rouge, avant le canal de Suez et la Méditerranée. Une perturbation durable de la navigation dans cette zone pourrait donc avoir des conséquences bien au-delà du théâtre yéménite, notamment sur les flux commerciaux et énergétiques internationaux.

Le ministre yéménite de l’Information, Mouammar al-Eryani, affirme que les forces gouvernementales disposent désormais d’un « contrôle effectif » sur Bab el-Mandeb. Cette affirmation reste néanmoins contestée par les Houthis, qui assurent conserver leurs positions dans plusieurs secteurs de la région.

La bataille de Mokha

Mokha constitue le deuxième objectif majeur de l’offensive. La ville et son port occupent une position stratégique sur la côte de la mer Rouge, à proximité de Bab el-Mandeb. Des sources gouvernementales ont fait état d’un recul de combattants houthis vers les zones montagneuses avant l’annonce officielle de la reprise de la ville par le ministère de la Défense.

Les forces du Bouclier de la Nation, les Brigades des Géants et d’autres unités progouvernementales participent à l’offensive, avec un soutien aérien important de la coalition conduite par l’Arabie saoudite. Des opérations de ratissage seraient en cours dans les zones revendiquées comme reprises afin de rechercher d’éventuelles positions ou unités houthies encore présentes.

La situation demeure cependant difficile à établir avec précision. Les Houthis rejettent la version du gouvernement et contestent l’ampleur des pertes territoriales annoncées. Dans un conflit marqué par une intense bataille de communication, les déclarations des deux camps doivent donc être distinguées des évolutions militaires pouvant être confirmées de manière indépendante.

Les Houthis maintiennent la pression autour de Taëz

La progression annoncée des forces gouvernementales sur le littoral ne signifie pas que le rapport de forces évolue uniformément en leur faveur. Autour de Taëz, troisième ville du pays, les Houthis auraient parallèlement progressé sur certaines portions d’un axe montagneux stratégique, augmentant la pression sur les unités progouvernementales.

Plusieurs sources militaires ont évoqué des unités gouvernementales confrontées à une situation d’encerclement, tandis qu’une autre source a contesté que les Houthis soient parvenus à couper complètement la route. Ces informations illustrent l’élargissement simultané des combats : alors que les forces gouvernementales concentrent leur effort sur Bab el-Mandeb et Mokha, les Houthis cherchent à maintenir ou renforcer la pression sur d’autres fronts.

Une bataille aux conséquences régionales

L’Arabie saoudite a intensifié ses frappes contre des positions houthies afin de soutenir l’avancée des forces yéménites sur la côte occidentale. La coalition a également annoncé des opérations dans la province de Hodeïda, sur la mer Rouge, contre des positions contrôlées par les Houthis.

La bataille autour de Bab el-Mandeb dépasse désormais largement la seule question du contrôle territorial au Yémen. La position stratégique du détroit en fait un point névralgique pour la sécurité maritime régionale et mondiale. Sa maîtrise pourrait peser sur les capacités militaires des différents protagonistes, mais également sur la circulation des navires commerciaux entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe.

Pour l’heure, les forces gouvernementales revendiquent une avancée majeure sur le littoral occidental. Mais les démentis des Houthis et la poursuite des affrontements sur plusieurs fronts imposent de rester prudent sur l’étendue réelle et surtout sur la durabilité de ce nouveau rapport de forces.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *