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Flydubai : le copilote voulait précipiter l'avion sur l'aéroport de Tel-Aviv dans un attentat inspiré du 11-Septembre

10 octobre 2026 - 08:58

Le parquet émirati révèle que l’attaque du 30 septembre avait été minutieusement préparée pour provoquer un maximum de victimes. Malgré les blessures du commandant de bord, l’intervention de passagers et d’autres pilotes a permis d’éviter une catastrophe aérienne.

Le copilote omanais qui avait tenté de prendre le contrôle d’un avion de la compagnie Flydubai, le 30 septembre dernier, projetait de précipiter l’appareil sur le terminal passagers de l’aéroport international Ben Gourion, près de Tel-Aviv, dans un attentat-suicide inspiré des attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis. C’est ce qu’a révélé, vendredi 9 octobre, le parquet général des Émirats arabes unis, à l’issue d’une nouvelle étape de l’enquête sur cette tentative d’attentat déjouée grâce à la résistance du commandant de bord et à l’intervention de plusieurs passagers.

Le vol FZ1073 avait décollé de Dubaï à destination de Tel-Aviv avec 174 passagers, majoritairement israéliens. Alors que l’appareil survolait la région, le copilote a agressé le commandant à l’aide d’une hache de secours présente dans le cockpit, provoquant une situation critique au cours de laquelle l’avion a brutalement perdu plusieurs milliers de mètres d’altitude. L’appareil a finalement pu effectuer un atterrissage d’urgence à Tabuk, en Arabie saoudite.

Une opération préméditée, inspirée des attentats du 11-Septembre

Selon le procureur général émirati, Hamad Saif Al Shamsi, le suspect, identifié par plusieurs médias comme Hamam al-Hammami, un ressortissant omanais de 29 ans, avait élaboré un projet visant à provoquer le plus grand nombre possible de victimes. Son objectif consistait à détourner l’appareil pour le précipiter contre le terminal de l’aéroport Ben Gourion, principale porte d’entrée aérienne d’Israël.

Les investigations ont établi, selon le parquet, que le copilote avait effectué deux précédents vols vers Tel-Aviv afin de se familiariser avec l’itinéraire et les installations aéroportuaires. Il aurait profité de ces déplacements pour préparer son opération, finalement déclenchée lors de son troisième vol vers cette destination.

Les autorités émiraties affirment également que le processus de radicalisation du suspect remonte à 2017, alors qu’il poursuivait ses études en Australie. Il aurait progressivement adhéré à des idées extrémistes sous l’influence de publications et de contenus en ligne faisant l’apologie des organisations terroristes et des attentats-suicides.

D’après les conclusions rendues publiques, l’intéressé aurait reconnu s’être inspiré des attentats du 11 septembre 2001, au cours desquels des avions de ligne avaient été détournés pour frapper des cibles américaines. Les enquêteurs estiment que cette référence avait joué un rôle déterminant dans la conception de son projet.

Le sang-froid du commandant et l’intervention des passagers

L’attaque s’est déroulée dans des circonstances particulièrement dramatiques. Le copilote a frappé le commandant de bord indien, Smit Machchhar, avec une hache de secours, lui infligeant des blessures à la tête. Malgré son état, ce dernier a réussi à ouvrir la porte du cockpit, permettant à des membres de l’équipage et à plusieurs passagers d’intervenir.

Pendant l’affrontement, l’avion a subi une chute brutale, perdant environ 5 000 mètres d’altitude en moins d’une minute selon les données de suivi du vol. Les occupants ayant réussi à maîtriser l’agresseur, des pilotes supplémentaires présents à bord ont pu contribuer à reprendre le contrôle de l’appareil et à organiser son déroutement vers l’Arabie saoudite.

L’avion a finalement atterri à l’aéroport de Tabuk, évitant ainsi une tragédie qui aurait pu coûter la vie à de nombreuses personnes. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué le courage du commandant et des passagers, avant d’ordonner un examen approfondi des procédures de sécurité applicables aux vols internationaux à destination d’Israël.

Le suspect se trouve actuellement en détention aux Émirats arabes unis. Le parquet indique qu’il a reconnu avoir agi seul, tout en précisant que les investigations se poursuivent afin de vérifier cette version et de rechercher d’éventuelles complicités.

Un parcours professionnel passé par plusieurs compagnies aériennes

Les révélations du parquet soulèvent également des interrogations sur les procédures de recrutement et de contrôle du personnel navigant. Selon les autorités émiraties, le copilote remplissait les conditions professionnelles et sécuritaires exigées par Flydubai, notamment la possession d’une licence de pilote, la présentation d’un certificat de bonne conduite et la réussite des vérifications administratives.

Aucune de ces procédures n’aurait permis de déceler ses convictions extrémistes ni l’existence d’un projet terroriste, a précisé le procureur général.

L’enquête s’est également intéressée à son parcours dans l’aviation civile. Le suspect avait travaillé pour Oman Air avant de suivre une étape de formation auprès de Royal Air Maroc en 2025. Selon les informations rapportées par Reuters, cette dernière n’avait finalement pas retenu sa candidature à un emploi. Il avait ensuite intégré Flydubai en janvier 2026.

Ce parcours pose la question de la circulation des informations relatives aux antécédents professionnels et aux éventuels signaux d’alerte entre compagnies et autorités de l’aviation civile. Il ne permet cependant pas, en l’état, d’établir une défaillance particulière de l’une des entreprises concernées.

La sécurité aérienne face à la menace intérieure

Au-delà de la tentative d’attentat elle-même, l’affaire met en lumière les difficultés rencontrées par les dispositifs de sécurité aérienne lorsqu’une menace provient d’un membre de l’équipage disposant d’un accès légitime aux commandes.

Les mesures de protection mises en place dans l’aviation civile depuis les attentats du 11-Septembre reposent notamment sur le renforcement de la sécurité des cockpits, le contrôle des accès et la vérification des antécédents professionnels. Le cas de Flydubai montre toutefois que ces dispositifs peuvent se révéler insuffisants face à un individu soupçonné d’avoir dissimulé durablement ses intentions.

Les investigations se poursuivent aux Émirats arabes unis, tandis que les autorités saoudiennes mènent une enquête technique distincte sur les circonstances du vol et de son atterrissage d’urgence.

L’affaire devrait relancer le débat international sur la surveillance des risques internes à l’aviation commerciale, particulièrement dans une région où les tensions géopolitiques et les exigences de sécurité du transport aérien demeurent étroitement liées.

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