À la tribune de la Quatrième Commission de l’ONU, le Koweït, Bahreïn, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Gabon et le Pérou ont renouvelé leur appui à l’initiative marocaine. Au-delà de cette convergence, leurs interventions mettent en évidence la place grandissante du plan d’autonomie dans les discussions diplomatiques sur le règlement du différend.
Le dossier du Sahara a de nouveau occupé une place importante dans les débats de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Plusieurs délégations issues de trois espaces géographiques différents ont réaffirmé leur soutien à l’initiative d’autonomie présentée par le Maroc, tout en insistant sur la nécessité de parvenir à un règlement politique durable sous l’égide des Nations unies.
Le Koweït, Bahreïn, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Gabon et le Pérou ont ainsi exprimé, chacun avec ses propres formulations diplomatiques, leur adhésion à une démarche faisant du plan marocain d’autonomie une référence pour la recherche d’une solution négociée. Ces prises de position interviennent dans le contexte créé par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en 2025, dont plusieurs délégations ont salué les orientations.
Le Golfe confirme la continuité de son soutien à Rabat
Les interventions du Koweït et de Bahreïn s’inscrivent dans la continuité des relations politiques qui unissent le Maroc à ses partenaires du Golfe. Les deux pays ont renouvelé leur appui à l’initiative marocaine, tout en mettant l’accent sur les conditions d’un règlement diplomatique.
Le Koweït a notamment insisté sur la poursuite des négociations de bonne foi, considérées comme indispensables pour parvenir à une solution définitive et préserver la stabilité régionale. Sa délégation a également salué la résolution 2797, en soulignant l’importance du cadre onusien.
Bahreïn a adopté une formulation plus explicite concernant la souveraineté, réaffirmant son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et à une solution fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine. Pour Manama, cette approche doit permettre de parvenir à un compromis politique réaliste et durable.
Ces deux interventions traduisent une convergence sur le soutien au projet marocain, avec des accents différents : la priorité accordée par le Koweït au processus de négociation et l’affirmation, par Bahreïn, de son appui à la souveraineté du Royaume.
Trois voix africaines en faveur de l’initiative marocaine
Sur le continent africain, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Gabon ont également défendu le plan d’autonomie devant la Quatrième Commission, tout en reliant leurs positions à la stabilité régionale et aux perspectives de développement.
L’ambassadeur ivoirien auprès des Nations unies, Tiémoko Moriko, a mis en avant la dynamique internationale favorable à l’initiative marocaine. Il a présenté la résolution 2797 comme une étape importante dans le traitement du dossier et appelé à poursuivre les efforts diplomatiques dans un esprit de dialogue et de compromis.
La Côte d’Ivoire a également salué les investissements réalisés par le Maroc dans les provinces du Sud ainsi que les initiatives relatives au développement économique, social et à la promotion des droits humains.
Le Burkina Faso a, de son côté, considéré le plan d’autonomie comme une base pour parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable. Son représentant permanent, Saïdou Zongo, a insisté sur la nécessité de privilégier la voie diplomatique, tout en soulignant les projets d’infrastructures, de santé et d’éducation engagés dans la région.
Le Gabon a adopté une position similaire en qualifiant l’initiative marocaine de base sérieuse et crédible pour une solution négociée. Sa délégation a réaffirmé son attachement à l’intégrité territoriale du Royaume et salué les évolutions économiques et institutionnelles dans les provinces du Sud.
Au-delà de leurs déclarations de soutien, ces trois pays ont ainsi mis en relation le règlement politique du différend et les enjeux de développement territorial.
Le Pérou apporte une dimension latino-américaine à cette convergence
L’intervention du Pérou élargit la portée géographique des soutiens exprimés à New York. Le représentant péruvien a réaffirmé l’appui de son pays à l’intégrité territoriale et à la souveraineté du Maroc, en considérant le plan d’autonomie comme la base d’une solution politique.
Lima a également exprimé son soutien à la résolution 2797, tout en rappelant l’objectif d’un règlement juste, réaliste, durable et mutuellement acceptable.
Cette prise de position illustre la dimension internationale du débat sur le Sahara, qui ne se limite ni au voisinage maghrébin ni aux partenaires traditionnels du Maroc. Elle souligne également que les soutiens diplomatiques à l’initiative d’autonomie s’expriment dans des contextes régionaux et politiques divers.
La résolution 2797, une référence diplomatique à distinguer du règlement définitif
La convergence de ces six pays s’inscrit dans le prolongement de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Ce texte a renforcé la place du plan d’autonomie marocain dans la recherche d’une solution politique négociée, tout en maintenant le processus sous les auspices des Nations unies.
Une distinction demeure toutefois essentielle : le soutien exprimé par des États à la souveraineté marocaine ou à l’initiative d’autonomie ne constitue pas, en lui-même, un règlement juridique définitif du différend par l’ONU. La résolution n’a pas davantage mis fin au processus politique ni supprimé la nécessité de parvenir à une solution acceptable dans le cadre onusien.
C’est précisément sur ce terrain que les interventions des délégations prennent leur signification diplomatique. Elles renforcent la visibilité de la proposition marocaine, sans dispenser les parties concernées de poursuivre les efforts nécessaires à un règlement négocié.
Une dynamique de soutien, mais des étapes diplomatiques encore nécessaires
Les déclarations enregistrées à New York confirment la capacité du Maroc à mobiliser des appuis dans plusieurs régions du monde autour de son initiative d’autonomie. Elles montrent également que les partenaires du Royaume privilégient des arguments complémentaires : souveraineté et intégrité territoriale pour certains, réalisme politique, stabilité régionale et développement économique pour d’autres.
Cette diversité des approches constitue l’un des traits marquants de la séquence diplomatique. Elle donne au soutien au plan marocain une portée qui dépasse les solidarités régionales habituelles.
Pour autant, l’évolution des positions internationales ne remplace pas les négociations. La prochaine étape demeure la traduction de cette dynamique diplomatique en avancées concrètes dans le processus conduit par les Nations unies, afin de rapprocher les positions et de parvenir à une solution politique durable au différend du Sahara.