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Maroc : une croissance attendue à 4,7 % fin 2026 malgré les tensions énergétiques

21 octobre 2026 - 09:16

L’économie marocaine devrait poursuivre sa progression au dernier trimestre de 2026, portée notamment par la reprise agricole, la résistance des services et la demande intérieure. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), la croissance atteindrait 4,7 % au quatrième trimestre, dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés énergétiques et une inflation globalement maîtrisée.

L’économie marocaine confirme sa capacité de résistance dans un environnement international particulièrement incertain. Malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et le renchérissement des matières premières énergétiques, le Royaume devrait enregistrer une accélération de sa croissance au cours des derniers mois de 2026. Selon la note de conjoncture publiée le 14 octobre par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le produit intérieur brut progresserait de 4,7 % au quatrième trimestre, après une hausse estimée à 4,1 % au troisième trimestre et une croissance de 4 % au deuxième.

Cette évolution traduit la capacité de plusieurs secteurs de l’économie nationale à amortir les effets du choc énergétique international. L’agriculture et les services continuent de soutenir l’activité, tandis que la demande intérieure demeure un moteur essentiel de la croissance. Le HCP souligne toutefois que cette résistance s’accompagne de déséquilibres qui nécessitent une attention particulière, notamment l’alourdissement de la facture énergétique, les pressions sur les coûts de production et l’augmentation des besoins de financement.

L’agriculture et les services soutiennent la croissance

La reprise de l’activité agricole constitue l’un des principaux facteurs de dynamisme économique en 2026. Après plusieurs campagnes affectées par les contraintes climatiques, l’amélioration de la production a contribué à renforcer la valeur ajoutée du secteur primaire et à soutenir les revenus dans les zones rurales. Selon les estimations du HCP, l’activité agricole aurait poursuivi sa progression au troisième trimestre, avec une hausse de près de 20 % sur un an.

Les services continuent également de jouer un rôle déterminant, notamment grâce aux activités liées à l’hébergement, à la restauration et aux services financiers. Cette dynamique contribue à compenser les difficultés rencontrées par certaines branches industrielles, davantage exposées à la hausse des coûts énergétiques et des matières premières.

La demande intérieure conserve, de son côté, une place centrale dans la croissance. La consommation des ménages et l’investissement continuent de soutenir l’activité, même si les effets de la conjoncture internationale se font sentir de manière inégale selon les secteurs. Au deuxième trimestre, la consommation avait progressé de 4,1 %, tandis que la formation brute de capital enregistrait une hausse de 6,8 %, contre 10,8 % au trimestre précédent.

Une inflation contenue, mais des risques persistants

La maîtrise relative de l’inflation constitue un autre élément de stabilité pour l’économie marocaine. Le HCP indique que les tensions inflationnistes devraient rester globalement contenues sous le seuil de 2 %, malgré les répercussions de la crise énergétique internationale. Le taux de 0,7 % figure également parmi les indicateurs d’inflation affichés par l’institution, sans qu’il puisse être assimilé à une prévision annuelle définitive pour 2026.

Cette modération des prix contribue à préserver une partie du pouvoir d’achat des ménages et à maintenir des conditions relativement favorables à la consommation. Elle ne signifie cependant pas que les pressions sur les coûts ont disparu. Les fluctuations des cours du pétrole, les difficultés d’approvisionnement et l’évolution des prix des intrants industriels continuent de peser sur plusieurs branches de l’économie.

L’exposition du Maroc aux marchés énergétiques internationaux constitue ainsi un facteur de vulnérabilité. Une nouvelle hausse durable des prix des hydrocarbures pourrait alourdir la facture des importations, affecter les marges des entreprises et compliquer les perspectives de croissance pour les prochains trimestres.

Des équilibres financiers sous pression

La résistance de l’activité économique ne doit pas masquer l’aggravation de certains déséquilibres. Selon le HCP, le besoin de financement de l’économie nationale a atteint 22 milliards de dirhams au deuxième trimestre 2026, contre 10,3 milliards de dirhams à la même période de l’année précédente.

Cette évolution s’explique principalement par le creusement du déficit commercial, lié notamment à l’augmentation de la facture énergétique, ainsi que par les dépenses publiques engagées pour limiter la transmission des hausses de prix à l’économie nationale et soutenir l’investissement.

Le défi consiste désormais à préserver le rythme de croissance sans accentuer les fragilités financières. La diversification des activités productives, l’amélioration de la compétitivité industrielle et la réduction progressive de la dépendance énergétique apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la résilience de l’économie marocaine.

Le développement territorial, enjeu de la croissance

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, la question de la répartition territoriale des fruits de la croissance demeure centrale. L’amélioration du PIB national ne se traduit pas automatiquement par une progression homogène de l’emploi, des revenus et des conditions de vie dans l’ensemble des régions.

La reprise agricole peut bénéficier aux territoires ruraux, mais les écarts en matière d’infrastructures, d’accès aux services publics et d’opportunités économiques restent des défis importants. Les investissements consacrés au développement territorial, à la connectivité, à l’eau et aux équipements collectifs constituent donc des instruments essentiels pour transformer la dynamique économique en amélioration durable des conditions de vie.

Ces orientations relèvent toutefois des politiques publiques et de la programmation budgétaire, et non des seules prévisions du HCP. Leur efficacité dépendra de la capacité des pouvoirs publics à articuler les priorités nationales avec les besoins spécifiques des régions, tout en renforçant la qualité et l’impact des investissements.

Une fin d’année encourageante, sous réserve des risques extérieurs

Les perspectives du HCP dessinent une fin d’année relativement favorable pour l’économie marocaine, avec une accélération attendue de la croissance au quatrième trimestre. L’institution maintient par ailleurs, dans son budget économique exploratoire publié en juillet, une projection annuelle de croissance de 4,8 % pour 2026.

Ces prévisions restent néanmoins tributaires de l’évolution de l’environnement international, notamment des tensions au Moyen-Orient, des prix de l’énergie et de la demande extérieure. Une aggravation du choc énergétique pourrait peser sur les coûts de production et ralentir l’activité, tandis qu’un apaisement des marchés favoriserait une reprise plus soutenue.

L’enjeu pour le Maroc ne se limite donc pas à maintenir un taux de croissance élevé. Il consiste également à consolider les équilibres économiques, à renforcer la création d’emplois et à faire du développement territorial un vecteur de prospérité plus largement partagée. La trajectoire annoncée par le HCP offre des perspectives encourageantes, mais leur traduction dans la vie quotidienne des ménages demeure le véritable test de la performance économique.

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