« Fanon » (1) est un film bouleversant qui aborde avec finesse quelques-unes des dimensions de la guerre d’indépendance de l’Algérie. Les thèmes abordés sont multiples et complexes, à l’image de la guerre d’Algérie
La lutte nationale anticolonialiste que Franz Fanon va soutenir. La psychiatrie à l’hôpital de Blida qu’il cherche, dans sa pratique clinique, à débarrasser de ses préjugés coloniaux/racistes. Mais aussi la présence de Juifs algériens solidaires des nationalistes, qui découvrent avec Fanon une autre psychiatrie. Il y a aussi la mort d’Abane Ramdane (2), cadre politique du Front de Libération National (FLN), assassiné à Tanger par les colonels qui dirigent le Front.
Et la présence de son épouse, Josie Fanon. Celle-ci, dans l’extrait de la vie de Fanon filmé, va donner naissance à un fils, Olivier.
Le film a été tourné en Tunisie, en Martinique et au Luxembourg. Parmi les images, je retiens des visages de femmes algériennes, poignantes.
Une voix du Sud pour comprendre le phénomène de la colonisation !
Un film pour témoigner de la Guerre d’Algérie dans toute sa complexité. Et de l’apport immense de Fanon sur le phénomène colonial, bien au-delà de ce moment. Une voix du Sud qui continue de soutenir nos réflexions, au moment où Sud et Nord basculent.

(1) Fanon est un film franco-québéco-luxembourgeois réalisé par Jean-Claude Barny et sorti en 2025. Il s’agit d’un film biographique sur le psychiatre, militant anticolonialiste et intellectuel Frantz Fanon, originaire de la Martinique.
(2) Ramdane Abane (en arabe : رمضان عبان), né en 1920 à Fort-National (aujourd’hui Larbaâ Nath Irathen) et mort assassiné le 27 décembre 1957 à Tétouan au Maroc, est un militant politique et révolutionnaire algérien. Souvent considéré comme le dirigeant le plus politique du FLN, il est surnommé « l’architecte de la révolution ». Abane Ramdane a su regrouper et unir l’ensemble des courants politiques pour lutter contre la domination française. Il trace les grandes lignes du mouvement révolutionnaire avec un État où l’élément politique l’emporte sur l’élément militaire. Et opte pour le pluralisme politique et linguistique en Algérie. Il meurt assassiné en décembre 1957 au Maroc sur fond de querelles de pouvoir au sein du FLN (Wikipédia).
Jacques Ould Aoudia est Économiste, et Vice-président de l’association franco- marocaine « Migrations et développement ».