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Nadia Fettah : 49 milliards de dirhams pour le soutien social direct, un chantier structurant de l’État social

31 décembre 2025 - 18:24

Le dispositif de soutien social direct, lancé en 2023, s’impose comme l’un des piliers de la transformation sociale engagée par le Maroc. Doté de moyens financiers inédits et d’une nouvelle architecture institutionnelle, il vise à renforcer la protection des ménages tout en corrigeant les fragilités d’exécution sur le terrain.

La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a révélé devant la Chambre des conseillers que le coût cumulé du dispositif de soutien social direct a atteint 49 milliards de dirhams depuis son lancement en 2023. Un montant qui donne la mesure de l’ambition de ce chantier, présenté par le gouvernement comme l’un des fondements de l’État social tel qu’il a été conçu au plus haut niveau de l’État.

Dans le détail, 31 milliards de dirhams ont été consacrés à la couverture des risques liés à l’enfance, principalement à travers des aides directes accordées aux familles pour la prise en charge des enfants. Les 18 milliards de dirhams restants ont financé des allocations forfaitaires destinées aux ménages, dans une logique de soutien aux catégories vulnérables et intermédiaires, particulièrement exposées aux effets de la conjoncture économique.

Pour l’exécutif, ce dispositif marque une rupture avec les mécanismes fragmentés du passé. Il repose sur une logique de transferts directs, ciblés et évaluables, visant à réduire les inégalités sociales tout en renforçant la cohésion nationale. La ministre a insisté sur le caractère structurel de cette politique, qui dépasse la simple logique conjoncturelle de compensation.

Une gouvernance dédiée pour renforcer l’efficacité

Afin d’assurer le pilotage et la pérennité du système, le gouvernement a procédé à la création de l’Agence nationale du soutien social direct, chargée de suivre la mise en œuvre du dispositif, d’en évaluer l’impact et d’en garantir la continuité. Cette agence incarne la volonté de renforcer la gouvernance publique, en liant le soutien financier à des critères précis d’éligibilité, à un suivi régulier et à une capacité d’ajustement en fonction des réalités sociales.

Consciente des difficultés rencontrées sur le terrain, Nadia Fettah a annoncé le lancement, dès ce mois-ci, d’une phase pilote de représentations territoriales de l’Agence. L’objectif est clair : rapprocher l’administration des bénéficiaires, traiter plus efficacement les dysfonctionnements locaux et améliorer la qualité du service rendu.

Selon la ministre, la nature même du soutien social direct impose une présence de proximité et un dialogue permanent avec les citoyens. Les antennes territoriales doivent permettre d’identifier plus rapidement les situations problématiques, de corriger les erreurs d’exécution et de renforcer la confiance des ménages dans ce nouveau système de protection sociale.

Un test décisif pour l’État social

Au-delà des chiffres, ce chantier constitue un test majeur pour la crédibilité de l’État social marocain. Sa réussite dépendra autant de la soutenabilité budgétaire que de la capacité des institutions à garantir équité, transparence et réactivité. En misant sur une gouvernance dédiée et une territorialisation progressive, le gouvernement cherche à transformer un effort financier massif en un levier durable de justice sociale.

Reste désormais à mesurer, dans la durée, l’impact réel de ces transferts sur la réduction des vulnérabilités et sur la relation entre l’État et les citoyens, dans un contexte où les attentes sociales demeurent élevées.

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