Des visas de plus longue durée pour les voyageurs réguliers, des démarches facilitées pour certaines entreprises et une politique davantage liée à la coopération migratoire : l’Union européenne prépare une révision de ses règles. Au Maroc, où environ 620 000 demandes ont été déposées en 2025, l’enjeu sera de savoir qui bénéficiera réellement de ces assouplissements.
Pour les demandeurs marocains, la réforme des visas Schengen pourrait modifier les conditions de leurs déplacements en Europe. Mais les orientations annoncées ne constituent pas encore de nouveaux droits : obtenir plus facilement un visa de longue validité ou bénéficier d’un traitement accéléré reste, à ce stade, une perspective pour certaines catégories de voyageurs.
Le Maroc est particulièrement concerné. Selon les statistiques de la Commission européenne, quelque 620 000 demandes de visa de court séjour ont été déposées dans le pays en 2025, ce qui le place au cinquième rang mondial, derrière la Chine, la Turquie, l’Inde et la Russie. Ce chiffre mesure des dossiers déposés, et non autant de personnes différentes.
Des visas plus longs pour éviter les demandes répétées
La stratégie européenne présentée en janvier 2026 envisage des visas à entrées multiples dont la validité pourrait dépasser cinq ans pour des voyageurs présentant un historique fiable et respectueux des règles. Bruxelles étudie aussi un dispositif commun d’entreprises vérifiées, dont les salariés pourraient bénéficier de procédures accélérées. Les conditions d’accès restent à définir.
Pour un professionnel multipliant les déplacements ou une personne rendant régulièrement visite à sa famille, une validité prolongée pourrait réduire la fréquence des démarches et les dépenses associées au renouvellement.
Les visas à entrées multiples existent toutefois déjà : ils représentaient 51,7 % des visas délivrés dans le monde en 2025. L’enjeu porte donc sur leurs conditions d’attribution et leur durée, plutôt que sur la création d’une catégorie entièrement nouvelle.
Des facilités qui ne concerneraient pas tous les demandeurs
Le projet dessine une ouverture sélective, principalement tournée vers les voyageurs réguliers et certains déplacements professionnels. Une première demande touristique ou une visite familiale ne bénéficierait donc pas automatiquement des mêmes simplifications.
En parallèle, Bruxelles souhaite renforcer l’utilisation des visas dans ses relations avec les pays tiers. La stratégie prévoit de rendre plus agile le mécanisme lié à la réadmission des personnes en situation irrégulière et envisage des mesures tenant davantage compte de la coopération sécuritaire et de la gestion des frontières. Ces orientations générales ne constituent pas l’annonce de restrictions visant le Maroc.
Frais, délais, durée du séjour : les règles à retenir
Le tarif général reste de 90 euros pour un adulte, auxquels peuvent s’ajouter les frais de service d’un centre de dépôt. Le délai normal de traitement est de quinze jours, avec une prolongation possible jusqu’à quarante-cinq jours lorsque des vérifications supplémentaires sont nécessaires.
Autre distinction essentielle : un visa valable plusieurs années ne permet pas de résider en permanence dans l’espace Schengen. Le séjour demeure limité à 90 jours sur toute période de 180 jours. La question d’un éventuel surcoût reste ouverte. Bruxelles étudie une contribution supplémentaire aux frais de visa. Nous n’avons toutefois pas pu confirmer cette piste dans les documents officiels consultés : elle ne peut donc être présentée comme une hausse annoncée. Pour les demandeurs au Maroc, la portée de la réforme se mesurera finalement à des résultats concrets : moins de renouvellements, des démarches plus prévisibles et un coût maîtrisé. La durée affichée sur le visa ne sera qu’une partie de la réponse.