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L'aménagement de la forêt de Maâmora à Sala Al Jadida : un rendez-vous raté

09 août 2025 - 18:04

À Sala Al Jadida, l’aménagement récent de la forêt de Maamora suscite l’indignation. Malgré son statut de poumon vert pour Salé et Rabat, des travaux jugés improvisés et coûteux interrogent sur la gestion de cet espace naturel à l’approche des grands rendez-vous sportifs internationaux.

C’est d’autant plus désolant que cette forêt constitue le poumon vert et l’espace récréatif idoine pour Salé et Rabat, proclamées villes vertes en 2010, à l’occasion du 40ᵉ anniversaire de la Journée mondiale de la Terre.
C’est d’autant plus désolant que nous sommes à quelques encablures d’échéances majeures, telles que la Coupe d’Afrique des nations 2025 ou la Coupe du monde 2030.

Nous n’avons cessé, à travers la presse et les réseaux sociaux, d’alerter les responsables sur l’état de délabrement inquiétant de la forêt de Maâmora, jouxtant le Technopolis, l’UIR et l’Université Mohammed VI à Sala Al Jadida : l’abattage clandestin des arbres, la pollution due aux voitures circulant à travers la forêt, l’amoncellement des ordures et des gravats issus des constructions avoisinantes…

Si les responsables ont toujours été absents, récemment, ils ont fini par sortir de leur torpeur, mais en effectuant un simulacre de travaux d’aménagement de la forêt, comme en témoignent les photos ci-après, qui révèlent un cynisme ou une impudence vis-à-vis du citoyen.
On a d’abord planté de jeunes chênes en plein été, au lieu des saisons propices (automne ou printemps). Ensuite, pour empêcher les voitures de circuler et les gens de marcher, on a installé une clôture sommaire en barbelés, facilement arrachée, laissant ainsi les promeneurs et les véhicules écraser les jeunes pousses et endommager le couvert végétal (voir photo).

Dès lors, on se demande pourquoi on n’a pas pensé à une clôture solide, à l’instar des parcs de Rabat — Nouzhat Hassan et Nouzhat Ibn Sina — où l’accès des véhicules est strictement interdit, par respect pour l’environnement et les usagers.

Certes, les responsables ont réussi à déloger les familles qui squattaient depuis de longues années la Maâmora, mais ils ne l’ont pas débarrassée des chiens errants, qui constituent une menace pour les promeneurs (voir photo).
Ils ont aussi eu l’idée saugrenue de mettre des poubelles minuscules, type bureau, un peu partout dans la forêt.

C’est d’autant plus navrant que le budget alloué à ces travaux de pacotille est exorbitant .
C’est d’autant plus navrant que l’image du Maroc, à quelques encablures d’échéances majeures telles que la Coupe d’Afrique des nations 2025 ou la Coupe du monde 2030, risque de prendre un vilain coup.

C’est d’autant plus affligeant que les citoyens de Sala Al Jadida sont toujours sous le choc de l’abattage massif de milliers d’arbres, lors des travaux récents de voirie (voir photo), et des nuisances corollaires : bruit, poussière, odeurs nauséabondes des canalisations d’eaux usées, embouteillages.

Sous d’autres cieux, ainsi que le montre la photo ci-après, les responsables respectueux de l’environnement, du citoyen et surtout du denier public n’enlèvent les arbres que lorsqu’ils constituent un danger pour les habitants, en s’engageant à planter de nouveaux spécimens.

À bon entendeur.

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