>

Trump juge la trêve avec l’Iran « en état critique » et relance les tensions autour d’Ormuz

12 mai 2026 - 13:09

La fragile trêve qui contenait depuis plusieurs semaines l’escalade militaire au Moyen-Orient semble entrer dans une phase particulièrement incertaine. Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que le cessez-le-feu avec l’Iran se trouvait désormais dans un état « critique », après le rejet par Washington de la contre-proposition transmise par Téhéran.

Depuis la Maison Blanche, Trump a qualifié la réponse iranienne de « totalement inacceptable », utilisant une métaphore alarmante pour décrire la situation :

— Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire. Comme lorsqu’un médecin annonce qu’un patient n’a plus qu’1 % de chances de survivre.

Ces déclarations illustrent l’enlisement progressif des négociations indirectes menées entre Washington et Téhéran via le Pakistan, devenu un canal diplomatique discret depuis l’offensive israélo-américaine du 28 février dernier.

La réaction iranienne a été immédiate. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que les forces armées iraniennes étaient prêtes à infliger « une leçon » en cas d’agression.

Au cœur des tensions figure toujours le Détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.

Trump a confirmé envisager la réactivation de l’opération américaine destinée à sécuriser le passage des navires dans la zone, suspendue quelques heures seulement après son lancement au début du mois de mai, lorsque Washington estimait qu’un accord diplomatique restait encore possible.

Selon plusieurs informations relayées par The Wall Street Journal, la contre-proposition iranienne prévoirait une réouverture progressive du détroit d’Ormuz en échange d’un allègement simultané du blocus naval américain.

Téhéran se serait également dit disposé à reprendre des discussions sur le nucléaire dans un délai de trente jours et à diluer une partie de son uranium fortement enrichi, tout en refusant le démantèlement de ses installations nucléaires ou un moratoire de longue durée sur l’enrichissement.

Parallèlement, une autre révélation vient compliquer davantage l’équation régionale. The Wall Street Journal affirme que Émirats arabes unis aurait mené en avril des opérations militaires ciblées contre des installations pétrolières iraniennes sur l’île de Lavan.

Si cette implication était confirmée, elle marquerait une évolution majeure du conflit régional, aucun État arabe du Golfe n’ayant jusqu’ici reconnu ouvertement une participation militaire directe contre l’Iran.

Les tensions géopolitiques ont immédiatement ravivé les inquiétudes des marchés énergétiques.

Le Brent a de nouveau dépassé les 104 dollars le baril, tandis que le pétrole américain WTI poursuivait sa hausse, dans un contexte mondial déjà fragilisé par les tensions inflationnistes et les risques de perturbation des approvisionnements énergétiques.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *