La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a fermement rejeté lundi les déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé envisager « sérieusement » l’idée de faire du Venezuela le « 51e État » des États-Unis.
S’exprimant depuis La Haye, où elle participait aux audiences devant la Cour internationale de justice dans le dossier du différend territorial avec le Guyana autour de l’Essequibo, Delcy Rodríguez a assuré qu’un tel scénario « ne serait jamais envisageable ».
« Le Venezuela n’est pas une colonie mais un pays libre », a-t-elle déclaré, en insistant sur la volonté de Caracas de défendre « son intégrité, sa souveraineté et son indépendance ».
Les propos de Donald Trump ont été tenus lors d’un entretien accordé à Fox News, au cours duquel le président américain a affirmé que les Vénézuéliens « l’aiment » et qu’il réfléchissait sérieusement à intégrer le pays sud-américain aux États-Unis.
Ce n’est pas la première fois que Trump évoque publiquement cette hypothèse. En mars dernier déjà, après une victoire du Venezuela contre l’Italie lors du Classique mondial de baseball, il avait ironisé sur Truth Social en évoquant un éventuel « État numéro 51 ».
Mais derrière la provocation politique se cache une recomposition géopolitique plus profonde.
Depuis janvier 2026 et la chute de Nicolás Maduro, les relations entre Washington et Caracas ont connu un spectaculaire réchauffement sous la présidence intérimaire de Delcy Rodríguez.
Les États-Unis ont progressivement rétabli certains canaux diplomatiques, allégé des sanctions visant le secteur énergétique et encouragé des accords pétroliers avec le nouveau pouvoir vénézuélien. Washington cherche notamment à sécuriser l’accès aux immenses réserves pétrolières du pays, parmi les plus importantes au monde.
Delcy Rodríguez a toutefois pris soin de ne pas rompre le ton diplomatique, affirmant que Caracas et Washington poursuivent actuellement une « agenda de coopération ».
Dans le contexte latino-américain, la référence au « 51e État » reste hautement sensible, tant les questions de souveraineté et d’ingérence américaine demeurent ancrées dans la mémoire politique régionale.
L’épisode intervient au moment où le Venezuela tente de projeter une image de stabilité institutionnelle et de réouverture économique, tout en affrontant de fortes tensions politiques internes et le contentieux stratégique avec le Guyana autour de l’Essequibo, région riche en pétrole et en minerais.
Au-delà de la formule provocatrice de Donald Trump, cette séquence rappelle surtout que le Venezuela demeure l’un des grands enjeux géopolitiques et énergétiques du continent américain.