>

Maroc : un rapport alerte sur l'insuffisance des aides sociales face à la hausse du coût de la vie

08 juillet 2026 - 10:09

Le montant actuel de plusieurs aides sociales versées dans le cadre du chantier de la protection sociale ne permet plus de garantir un niveau de vie décent aux ménages les plus vulnérables. C’est le constat dressé par l’Institut marocain d’analyse des politiques (MIPA) dans un rapport publié lundi, qui appelle à une révision des dispositifs de soutien.

Intitulé « Le Maroc a-t-il réussi la généralisation de la protection sociale ? », le document estime que les allocations forfaitaires, notamment celles destinées aux personnes âgées, sont restées figées à 500 dirhams par mois, sans mécanisme d’indexation tenant compte de l’inflation et de l’augmentation continue du coût de la vie.

Selon les auteurs, cette absence de réévaluation réduit progressivement le pouvoir d’achat des bénéficiaires et affaiblit la capacité de ces aides à remplir leur objectif de protection sociale.

Plusieurs prestations concernées

Le rapport souligne que cette stagnation touche également d’autres prestations, parmi lesquelles les allocations de naissance, les aides à la rentrée scolaire ainsi que les allocations mensuelles destinées aux enfants âgés de quatre à six ans.

À l’inverse, certaines aides ont même diminué. C’est le cas du complément versé aux orphelins de père, passé de 150 dirhams lors du lancement du programme en décembre 2023 à 100 dirhams en 2026, une évolution jugée préoccupante pour des familles déjà en situation de précarité.

Des contradictions dans l’application du dispositif

L’Institut pointe également des incohérences dans les conditions d’accès aux aides directes.

Certaines familles éligibles sont contraintes de régler leurs cotisations ou leurs arriérés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) liés à l’Assurance maladie obligatoire avant de pouvoir bénéficier du soutien financier, alors même que leur situation sociale devrait leur permettre d’accéder aux dispositifs d’exonération.

Selon le rapport, ces prélèvements réduisent parfois le montant réellement perçu par certains ménages à environ 350 dirhams par mois, soit bien en dessous du seuil minimum de 500 dirhams prévu par le décret d’application de la loi 58.23 relative au soutien social direct.

Un appel à adapter les aides à la réalité économique

Pour le MIPA, la réussite du chantier de la protection sociale passe désormais par une actualisation régulière des montants des prestations afin de préserver leur efficacité face à l’inflation et d’assurer une meilleure protection des catégories les plus fragiles.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *