Le gouvernement marocain examinera, lors de son Conseil du jeudi 16 juillet 2026, un projet de décret visant à encadrer plus strictement la commercialisation de certains compléments alimentaires à effet thérapeutique, une réforme réclamée depuis plusieurs années par les organisations représentatives des pharmaciens.
Présenté par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, le texte met en œuvre les dispositions de l’article 30 du Code du médicament et de la pharmacie. Son objectif est de soumettre certaines catégories de compléments alimentaires à un contrôle plus rigoureux, en raison de leurs effets pharmacologiques potentiels.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la multiplication des ventes de compléments alimentaires dans des circuits non spécialisés, notamment dans certaines herboristeries, magasins de produits naturels et sur des plateformes numériques, une situation que les pharmaciens jugent préoccupante pour la sécurité des consommateurs.
En mars dernier, le groupe parlementaire du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) avait déjà déposé une proposition de loi visant à modifier l’article 30 du Code afin d’intégrer certains compléments alimentaires dans le champ de compétence des pharmaciens.
Selon ce projet, les pharmaciens seraient habilités à détenir et à commercialiser les compléments alimentaires dont la composition ou le dosage leur confère un effet thérapeutique, tout en garantissant un conseil professionnel obligatoire. La liste des produits concernés sera fixée ultérieurement par voie réglementaire.
Dans un courrier adressé le 3 juillet au ministère de la Santé, au Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, à l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé ainsi qu’à l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a dénoncé des pratiques qu’elle estime contraires à la législation.
L’organisation affirme que plusieurs compléments alimentaires contenant des plantes médicinales, relevant selon elle du monopole pharmaceutique, sont commercialisés en dehors des circuits autorisés, sans contrôle sanitaire suffisant ni accompagnement professionnel, exposant ainsi les consommateurs à des risques liés à une mauvaise utilisation.
Pour les représentants de la profession, l’adoption de ce décret permettrait de mieux structurer le marché des compléments alimentaires à effet thérapeutique, de renforcer la traçabilité de ces produits et d’améliorer la protection de la santé publique.