À Genève, l’ONG Promotion du développement économique et social (PDES) a appelé à renforcer la protection des populations vivant dans les camps de Tindouf, en Algérie. Au-delà de l’assistance humanitaire, l’organisation réclame un dispositif fiable d’enregistrement des réfugiés, un meilleur accès aux droits et des mécanismes de recours effectifs.
Intervenant mardi 22 septembre devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à l’occasion de sa 63e session, Aicha Duihi, représentante de l’ONG Promotion du développement économique et social (PDES), a plaidé pour une approche durable de la protection des populations vivant dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie.
Selon les propos rapportés par la presse marocaine, elle a salué les efforts humanitaires déployés par les Nations unies et leurs partenaires, tout en soulignant que la prolongation de la situation des réfugiés exige des réponses dépassant la satisfaction des besoins immédiats. L’alimentation, la santé, l’accès à l’eau et l’éducation demeurent des priorités, mais doivent s’accompagner de garanties juridiques et de perspectives à long terme.
L’enregistrement des réfugiés au cœur des préoccupations
La représentante de la PDES a notamment soulevé la question de l’absence d’un système complet d’enregistrement officiel des réfugiés dans les camps de Tindouf. Se référant aux documents du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), elle a estimé que les documents personnels délivrés localement ne sauraient remplacer un dispositif d’identification répondant aux exigences internationales de protection.
L’enjeu dépasse la seule dimension administrative. Un enregistrement fiable permettrait, selon l’organisation, de mieux identifier les personnes et leurs besoins, de faciliter leur accès aux services essentiels et de renforcer leur protection contre les risques de violations des droits humains.
La PDES préconise, à cet effet, une coopération accrue entre les autorités algériennes et le HCR, assortie de garanties concernant la confidentialité et la protection des données personnelles.
L’accès à la justice, une autre priorité
L’organisation appelle également à la mise en place de mécanismes accessibles de plainte, d’orientation et de recours, en accordant une attention particulière aux femmes, aux enfants et aux personnes en situation de handicap. Elle recommande parallèlement une collecte régulière et transparente d’informations sur la situation des droits humains, notamment grâce à un accès indépendant aux camps lorsque les conditions le permettent.
Ces préoccupations font écho aux observations formulées en 2018 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies. Celui-ci avait notamment soulevé la question de l’accès des résidents des camps à des recours effectifs devant les juridictions algériennes et rappelé les obligations de l’Algérie en matière de protection des droits humains sur son territoire.
Dépasser la dépendance à l’aide humanitaire
L’intervention de la PDES s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance des besoins humanitaires dans les camps. Le Plan de réponse 2026-2027 des Nations unies prévoit la poursuite de l’assistance dans plusieurs secteurs essentiels, notamment la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et la protection.
La stratégie éducative 2026-2030 des Nations unies témoigne également de l’importance des besoins à long terme, particulièrement pour les enfants réfugiés sahraouis, dont la scolarisation dépend largement des dispositifs d’assistance.
Pour la PDES, la réponse internationale doit désormais conjuguer aide humanitaire, protection juridique et recherche de solutions durables. L’organisation insiste notamment sur la nécessité de réduire progressivement la dépendance à l’assistance et de préserver les possibilités de retour volontaire, sûr et digne, lorsque les conditions le permettent.