La Faculté Oussoul Eddine a clôturé une nouvelle édition de son programme estival destiné à des étudiants venus de Russie et du Kazakhstan. Au-delà de l’apprentissage linguistique, cette initiative illustre la place croissante de la coopération universitaire dans les relations culturelles entre le Maroc et la Russie.
La Faculté Oussoul Eddine de Tétouan a organisé, mercredi 5 août, la cérémonie de clôture de sa session estivale consacrée à l’enseignement de la langue arabe et à la découverte de la culture marocaine.
Supervisée par l’Université Abdelmalek Essaâdi et menée en partenariat avec le Centre de culture arabe «Al Hadara» en Russie, cette édition a réuni près de 43 étudiants, répartis en trois groupes selon leur niveau: débutant, intermédiaire et intermédiaire supérieur. Les participants représentaient douze établissements d’enseignement supérieur, six régions russes ainsi que le Kazakhstan.
Plus qu’un simple séjour linguistique, le programme a été conçu comme une immersion dans la société marocaine. Les cours de grammaire, d’expression orale et de communication quotidienne ont été complétés par une initiation à la littérature et à la poésie arabes, ainsi que par des activités culturelles et des visites de terrain.
Après Tétouan, Tanger, Chefchaouen et Asilah, les étudiants devaient poursuivre leur découverte du Royaume à travers des étapes à Rabat, Casablanca, Marrakech et Essaouira. Un parcours destiné à leur présenter la diversité géographique et culturelle du pays, au-delà des représentations parfois fragmentaires qu’ils pouvaient en avoir avant leur arrivée.

Une coopération engagée depuis 2014
Le vice-président de l’Université Abdelmalek Essaâdi chargé des affaires pédagogiques, Youssef El Alami, a rappelé que ce programme s’inscrivait dans une coopération académique initiée en 2014. Sa continuité témoigne, selon lui, de la confiance construite entre les partenaires et de la volonté de l’université de renforcer son ouverture internationale.
Pour le doyen de la Faculté Oussoul Eddine, Abdelaziz Rahmouni, la formation participe à la création de passerelles entre les sociétés. Elle permet aux étudiants étrangers d’aborder la civilisation marocaine à travers ses traditions d’ouverture, de modération et de coexistence, tout en favorisant les échanges humains entre le Maroc et la Russie.
Le directeur du Centre «Al Hadara», Mohamed Saleh Al Amari, a pour sa part insisté sur la nécessité d’enseigner l’arabe comme une langue vivante, adaptée aux usages contemporains. Le centre entend également former des profils susceptibles de travailler dans l’enseignement, les médias, la traduction ou la prise de parole publique.
La formation ne se limite donc pas à transmettre des connaissances linguistiques. Elle cherche également à déconstruire certains stéréotypes associés aux cultures arabe et musulmane et à créer des espaces de dialogue entre des étudiants issus d’horizons différents.

Des perceptions transformées par l’expérience
Prenant la parole au nom de la délégation, l’étudiant Safa Khakhiliev a expliqué que plusieurs participants étaient arrivés au Maroc avec une connaissance limitée du pays. Les cours, les rencontres et les déplacements effectués au cours du séjour ont progressivement modifié leur perception.
Il a notamment salué une méthode d’enseignement qu’il a jugée accessible, variée et adaptée aux différents niveaux, tout en soulignant l’héritage académique de la Faculté Oussoul Eddine, historiquement liée à l’Université Al Quaraouiyine.
La cérémonie s’est achevée par la remise des certificats aux étudiants, ainsi que par des distinctions accordées aux enseignants, encadrants et membres de l’administration ayant contribué au programme.
L’initiative ne saurait, à elle seule, redéfinir les rapports entre le Maroc et la Russie. Elle montre néanmoins comment la coopération universitaire, lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, peut compléter les relations diplomatiques traditionnelles: la langue devient alors un moyen d’accès au Maroc, tandis que l’expérience du pays contribue à former de futurs relais culturels dans l’espace russophone.