Plus de la moitié des Américains interrogés affirment que leur situation financière s’est dégradée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, selon un sondage du Financial Times réalisé par Focaldata
À moins de trois mois des élections de mi-mandat, Donald Trump aborde une séquence électorale délicate. Une majorité des électeurs américains désapprouvent son action, tandis que l’inflation et le coût de la vie s’imposent comme les principales faiblesses de son administration.
Selon un sondage du Financial Times réalisé par Focaldata, 55 % des électeurs inscrits désapprouvent l’action générale du président américain, contre 36 % qui l’approuvent. Le mécontentement atteint même les rangs républicains : près d’un électeur du parti sur cinq porte un jugement négatif sur la présidence Trump.
L’enquête montre également une baisse de huit points, en un mois, de la cote d’approbation nette du président parmi les électeurs républicains. Un signal préoccupant pour la Maison-Blanche, même si Donald Trump continue de bénéficier du soutien d’une large majorité de la base conservatrice.
Une majorité se dit financièrement moins bien lotie
La perception de la situation économique apparaît plus défavorable encore. Plus de 53 % des personnes interrogées déclarent que leur situation financière s’est dégradée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Ce sentiment dépasse les clivages partisans. Il concerne près de 57 % des électeurs indépendants et environ un quart des républicains. Ces résultats témoignent d’un malaise qui ne se limite donc pas aux opposants démocrates du président.
Près des deux tiers des électeurs considèrent par ailleurs que l’économie américaine évolue dans la mauvaise direction. Seul un quart d’entre eux estime, au contraire, que le pays suit une trajectoire économique satisfaisante.
L’insatisfaction est particulièrement forte concernant les prix. D’après le sondage, 64 % des électeurs inscrits désapprouvent la manière dont Donald Trump gère l’inflation et le coût de la vie, contre seulement 21 % qui se disent satisfaits.
Cette désapprobation rassemble près de sept indépendants sur dix et environ un tiers des électeurs républicains. Elle pourrait peser lourdement sur les élections de novembre, l’inflation et le pouvoir d’achat figurant régulièrement parmi les premières préoccupations des Américains.
Inflation, salaires et confiance des consommateurs
Le malaise exprimé dans l’enquête intervient alors que l’inflation annuelle s’est établie à 3,4 % en juillet, soit un niveau supérieur à celui enregistré lorsque Donald Trump a succédé à Joe Biden.
La hausse des prix de l’énergie et de plusieurs produits de consommation, aggravée par les conséquences économiques de la guerre contre l’Iran, pèse sur les ménages américains. Des données distinctes font également état d’un recul récent des salaires réels et d’une chute de la confiance des consommateurs vers un niveau proche de ses plus bas historiques.
Cette situation permet aux démocrates de progresser sur des thèmes économiques longtemps considérés comme favorables au Parti républicain. Les électeurs leur accordent désormais davantage de confiance pour gérer l’inflation, le coût de la vie, l’emploi et l’économie.
Interrogés sur leurs intentions de vote aux élections de novembre, 44 % des électeurs inscrits disent préférer les candidats démocrates, contre 39 % pour les républicains.
Cet avantage de cinq points renforcerait les espoirs démocrates de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants. La conquête du Sénat demeure toutefois plus difficile en raison de la configuration des sièges renouvelés cette année.
La Maison-Blanche défend son bilan
Face à ces résultats, la présidence américaine affirme que sa politique économique commence à produire ses effets. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai, met notamment en avant la baisse du prix de certains médicaments, les réductions fiscales et le retour d’emplois industriels aux États-Unis.
L’administration Trump insiste également sur la baisse de la criminalité violente et le renforcement du contrôle de la frontière. Ces arguments devraient occuper une place centrale dans la campagne républicaine à l’approche du scrutin.
Donald Trump ne figurera pas lui-même sur les bulletins de vote en novembre. Mais les élections de mi-mandat seront largement interprétées comme un référendum sur les deux premières années de son second mandat.
Si la perception économique des ménages ne s’améliore pas, les républicains risquent de payer dans les urnes l’écart entre les résultats revendiqués par la Maison-Blanche et l’expérience quotidienne d’une majorité d’électeurs.
Le sondage a été réalisé en ligne par Focaldata, institut de recherche basé à Londres, entre le 7 et le 10 août, auprès de 1 913 électeurs inscrits. La marge d’erreur annoncée est de plus ou moins 2,9 points de pourcentage.
Ces résultats constituent une photographie de l’opinion et non une prédiction électorale. Ils révèlent néanmoins le principal danger auquel Donald Trump est confronté : ce ne sont plus seulement ses adversaires qui critiquent sa politique économique, mais aussi une partie des indépendants et de son propre électorat.