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Migration irrégulière : Frontex souligne l’efficacité des contrôles au Maroc, tandis que la route algérienne progresse

03 octobre 2026 - 19:43

Alors que les passages irréguliers vers l’Union européenne ont fortement reculé depuis le début de 2026, la Méditerranée occidentale constitue l’exception. Selon Frontex, le renforcement des contrôles au Maroc a contribué à déplacer une partie des départs vers les côtes algériennes, désormais principal point de départ vers l’Espagne sur cette route.

La carte des routes migratoires entre l’Afrique et l’Europe connaît une évolution significative en 2026. Alors que les arrivées irrégulières diminuent fortement sur la quasi-totalité des principaux axes, la route reliant notamment l’Algérie à l’Espagne évolue à contre-courant.

TV5MONDE a consacré ce vendredi 3 octobre un décryptage à cette évolution sous un titre sans ambiguïté : « L’Algérie, principal point de départ de migrants vers l’Espagne ». La chaîne s’appuie sur les données de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex.

Sur les huit premiers mois de 2026, les détections de franchissements irréguliers aux frontières extérieures de l’Union européenne ont diminué d’environ 35 % par rapport à la même période de 2025. Plus de 74 000 détections ont été enregistrées entre janvier et août.

La baisse est particulièrement spectaculaire sur la route d’Afrique occidentale menant aux îles Canaries : −58 %, avec quelque 5 100 détections. Le recul atteint également 55 % en Méditerranée centrale et 25 % en Méditerranée orientale.

Le Maroc, facteur du déplacement des routes

Une seule grande route évolue en sens inverse : celle de la Méditerranée occidentale. Frontex y relève une augmentation de 34 % sur un an, avec 15 909 détections entre janvier et août.

Mais l’élément le plus significatif pour le Maroc se trouve dans l’explication avancée par l’agence européenne. Frontex relie l’évolution des itinéraires utilisés par les réseaux de passeurs notamment au renforcement des contrôles au Maroc, ainsi qu’à la pression accrue exercée sur les routes voisines d’Afrique occidentale et de Méditerranée centrale. Cette situation aurait contribué à réorienter davantage de départs vers les côtes algériennes.

Les chiffres illustrent cette nouvelle configuration. Entre le 1er janvier et le 31 août, Frontex a recensé 6 654 passages irréguliers de ressortissants algériens vers les Baléares ou les côtes méridionales de l’Espagne continentale. Ils représentent un peu plus de 40 % des 15 909 détections sur cette route, contre environ 30 % pour les ressortissants marocains.

La tendance ne date d’ailleurs pas uniquement de 2026. Dans son bilan annuel pour 2024, Frontex relevait déjà une augmentation des départs depuis l’Algérie compensant la diminution observée depuis le Maroc sur la route de la Méditerranée occidentale.

Les Canaries en net recul

L’évolution de la route canarienne est tout aussi révélatrice. Après plusieurs années de forte pression migratoire, les arrivées y connaissent en 2026 une baisse particulièrement importante.

Cette diminution intervient dans un contexte de coopération renforcée entre le Maroc et ses partenaires européens dans la lutte contre l’immigration irrégulière, les réseaux de passeurs et la criminalité transfrontalière.

À la mi-septembre, le nombre d’arrivées recensées aux Baléares dépassait même légèrement celui enregistré aux Canaries : 5 627 contre 5 592, selon les données du ministère espagnol de l’Intérieur rapportées par Le Monde.

La prudence reste toutefois nécessaire dans la lecture de ces statistiques. Frontex comptabilise des détections de franchissements irréguliers, qui ne correspondent pas nécessairement à un nombre identique de personnes. Ses statistiques janvier-août excluent également le mouvement exceptionnel enregistré à Sebta à la fin du mois de juillet.

Il n’en demeure pas moins que la tendance européenne est nette : les routes africaines vers l’Europe reculent fortement en 2026, tandis que la Méditerranée occidentale constitue l’exception. Et, selon l’analyse même de Frontex, le renforcement des contrôles au Maroc fait partie des facteurs qui ont contribué à déplacer une partie de la pression migratoire vers les côtes algériennes.

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