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Pékin expose la puissance chinoise dans la course mondiale à la robotique

17 août 2026 - 10:01

Plus de 300 entreprises présenteront quelque 2.000 produits à la Conférence mondiale de la robotique, avant que 2.056 humanoïdes ne s’affrontent lors de jeux destinés à rapprocher ces machines des usines et des services.

Pékin deviendra cette semaine la grande vitrine de la robotique chinoise. La capitale accueillera successivement la Conférence mondiale de la robotique et la deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes, deux rendez-vous illustrant la volonté de la Chine de passer des démonstrations spectaculaires aux applications industrielles et commerciales.

La conférence ouvrira ses portes mercredi 19 août au Centre international des expositions et des congrès Beiren Etrong, dans la périphérie de Pékin, et se poursuivra jusqu’au dimanche 23.

Sur une superficie d’environ 55.000 mètres carrés, plus de 300 entreprises exposeront près de 2.000 produits et dévoileront plus de 150 nouveautés. Un forum principal, un salon professionnel, des compétitions et plus de soixante activités parallèles figurent au programme, selon les organisateurs de la conférence.

Des acrobaties aux tâches concrètes

Les robots humanoïdes occuperont de nouveau le devant de la scène. L’attention ne portera toutefois plus seulement sur leur aptitude à courir, sauter ou réaliser des acrobaties, mais sur leur capacité à accomplir des tâches dans les usines, les centres logistiques, les hôpitaux, les exploitations agricoles, les hôtels ou les foyers.

Une place plus importante sera également accordée aux éléments indispensables au développement de cette industrie: mains articulées, capteurs visuels, tactiles et de force, moteurs, réducteurs, modules d’articulation, systèmes de commande et puces électroniques.

Durant le salon, certains robots joueront les réceptionnistes, cuisiniers, serveurs, musiciens ou vendeurs. L’enjeu consiste à présenter la robotique non plus comme une simple curiosité futuriste, mais comme une technologie appelée à intégrer progressivement l’économie et la vie quotidienne.

Plus de 2.000 humanoïdes en lice

La deuxième édition des Jeux mondiaux des robots humanoïdes débutera samedi 22 août à l’Anneau national de patinage de vitesse, surnommé le «Ruban de glace» et construit pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022.

Jusqu’au 26 août, la compétition réunira 2.056 robots représentant 666 équipes issues de 16 pays, contre 280 équipes lors de l’édition inaugurale de 2025.

Les épreuves associeront des disciplines sportives —notamment le football, l’athlétisme et le tennis de table— à des scénarios inspirés du monde réel: chaînes de production, plateformes logistiques, supermarchés, hôtels, opérations de secours ou activités domestiques.

Derrière leur dimension spectaculaire, ces jeux poursuivent un objectif industriel. Les organisateurs espèrent que les progrès réalisés en matière de mobilité, d’équilibre, de coordination et de prise de décision pourront ensuite être transposés dans des applications commerciales.

Des «Mondiaux» encore très chinois

La portée internationale de la compétition mérite néanmoins d’être relativisée. Si 16 pays seront représentés, seule une trentaine des 666 équipes viendraient de l’étranger. L’événement constituera donc avant tout une démonstration de la densité atteinte par l’écosystème technologique chinois.

En 2024, Pékin avait inscrit les humanoïdes parmi ses «industries du futur», tout en reconnaissant que le secteur demeurait encore immature. Les autorités lui attribuent néanmoins un fort potentiel économique et une importance stratégique majeure.

Cette ambition repose sur une vaste chaîne d’approvisionnement, une solide expérience de l’automatisation industrielle, des soutiens publics et une concurrence intense entre fabricants. Selon les chiffres avancés par les autorités chinoises, le pays a produit 556.000 robots industriels en 2024. Les estimations d’Omdia attribuent par ailleurs aux entreprises chinoises environ 80% des livraisons mondiales de robots humanoïdes en 2025.

Les rendez-vous de Pékin permettront de mesurer les avancées réalisées. Mais le véritable test viendra après les démonstrations: déterminer si ces machines peuvent évoluer durablement hors des environnements contrôlés, travailler avec une réelle autonomie et justifier économiquement leur déploiement à grande échelle.

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