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Législatives 2026: le PPS décline cinq engagements et avance plusieurs promesses sociales

18 août 2026 - 08:44

Nabil Benabdallah place la lutte contre la corruption, la consolidation démocratique et le renforcement des services publics au cœur du programme du Parti du progrès et du socialisme. Le PPS promet notamment un million d’emplois, 165.000 recrutements dans l’éducation et la santé et une retraite minimale de 3.000 dirhams. Reste à préciser le financement de ces mesures.

Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Mohamed Nabil Benabdallah, a présenté les principales orientations du programme électoral de sa formation lors de son passage dans la rubrique Enjeux partisans du journal télévisé d’Al Aoula.

Le programme s’articule, selon lui, autour de cinq engagements: mettre en place un gouvernement fort et responsable, moraliser la gestion des affaires publiques, construire une économie nationale productive, consolider la démocratie et les libertés, et placer l’être humain ainsi que la famille au centre des politiques publiques.

Cette offre, que le parti veut inscrire dans une ligne de gauche assumée, associe réforme politique, intervention renforcée de l’État et engagements sociaux chiffrés.

Conflits d’intérêts, rente et corruption

Nabil Benabdallah a insisté sur la nécessité de renforcer les règles encadrant les conflits d’intérêts et de combler les lacunes juridiques qui permettraient, selon lui, la persistance de la rente et de la corruption.

Le PPS entend également adopter une charte éthique engageant ses candidats et responsables à privilégier l’intérêt général, à respecter les principes d’intégrité et à éviter toute situation de conflit d’intérêts.

Cette orientation vise à restaurer la confiance dans les institutions représentatives, dans un contexte marqué par la défiance politique et l’abstention électorale.

Le parti défend parallèlement un renforcement des prérogatives des institutions élues, une protection accrue des droits et libertés et davantage de transparence dans la vie économique.

Un million d’emplois et 165.000 recrutements publics

Sur le plan économique, le PPS promet de créer un million d’emplois nets dans le cadre d’un programme de développement destiné à soutenir la production nationale, l’investissement et la souveraineté économique.

Le parti prévoit également la création de 165.000 postes dans l’éducation et la santé sur une période de cinq ans, afin de répondre au déficit en enseignants et en professionnels de santé.

Il propose en outre d’intégrer, en deux ans, les quelque 8,5 millions de personnes qui resteraient exclues de la couverture médicale.

Ces objectifs sont parmi les plus ambitieux du programme. Leur crédibilité dépendra néanmoins des précisions que le PPS apportera sur leur financement, le rythme annuel des recrutements et la capacité des administrations concernées à absorber de tels effectifs.

Une première lecture publiée par Médias24 souligne d’ailleurs que plusieurs propositions sont cohérentes avec les déficits constatés dans les services publics, mais que leur coût budgétaire reste insuffisamment détaillé.

Une retraite minimale de 3.000 dirhams

Le volet social prévoit de porter à 3.000 dirhams le montant minimal des pensions de retraite. Le PPS propose également de relever à 1.000 dirhams par mois le plancher de l’aide sociale directe accordée aux ménages éligibles.

Cette dernière mesure doit être formulée avec précision: les précédentes présentations du programme évoquent une aide sociale minimale de 1.000 dirhams mensuels, et non un chèque de ce montant pour chaque enfant scolarisé.

La revalorisation des retraites pourrait améliorer les revenus des pensionnés les plus modestes. Elle soulève toutefois la question de son financement, alors que plusieurs régimes de retraite connaissent des déséquilibres structurels.

Le PPS veut revoir le Plan Maroc Vert

Dans le secteur agricole, le parti préconise une révision globale du Plan Maroc Vert. Il estime nécessaire de réorienter les politiques agricoles vers la souveraineté alimentaire, la protection des ressources hydriques et un soutien plus important aux petits exploitants.

Le PPS entend également revoir certains choix liés aux accords de libre-échange lorsqu’ils sont jugés défavorables à la production nationale.

Cette orientation peut renforcer la résilience agricole, mais elle devra être conciliée avec les engagements commerciaux du Maroc, les besoins d’investissement et l’intégration du pays dans les chaînes de valeur internationales.

Femmes, jeunes et renouvellement des candidatures

Concernant la préparation des élections, Benabdallah affirme que le PPS présentera directement plus de dix femmes dans des circonscriptions locales, auxquelles s’ajouteraient huit candidats âgés de moins de 35 ans.

Le nombre total de candidatures réservées aux femmes et aux jeunes devrait ainsi dépasser la vingtaine, selon les chiffres avancés par le secrétaire général.

Le parti met également en avant des profils âgés d’une quarantaine d’années afin d’afficher sa volonté de renouveler ses élites. La portée de cette démarche devra cependant être appréciée au regard du nombre total de candidatures, de leur positionnement dans des circonscriptions réellement compétitives et de la place accordée à ces nouveaux profils dans les instances dirigeantes.

Le PPS présente ainsi une offre politique socialement ambitieuse et idéologiquement identifiable. La prochaine étape consistera à publier le chiffrage complet des mesures et à expliquer comment le parti compte transformer ses engagements électoraux en politiques publiques financièrement soutenables.

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