>

Niger : la junte affirme reprendre le contrôle après des affrontements avec des militaires mutins

30 août 2026 - 09:35

Le régime militaire nigérien a assuré samedi reprendre « progressivement le contrôle » à Niamey après plusieurs heures de tirs près de sites stratégiques. L’identité et les objectifs du groupe de soldats impliqué restent, à ce stade, inconnus.

La junte militaire au pouvoir au Niger a affirmé samedi avoir contenu un mouvement de militaires mutins après des affrontements survenus à proximité de plusieurs installations sensibles de Niamey, dont la base aérienne 101 et les abords de l’aéroport international Diori Hamani.

Dans un communiqué lu à la télévision publique, le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, a indiqué qu’un groupe de soldats avait tenté de « prendre certains de leurs camarades en otage » dans la caserne de la base 101, avant d’ouvrir le feu sur des sites sensibles de la capitale.

Selon la version officielle, les forces de sécurité ont contenu ce mouvement et « reprennent progressivement le contrôle ». Aucun bilan officiel des victimes n’a été publié et les autorités n’ont pas identifié les responsables.

Des sources diplomatiques et sécuritaires citées par l’AFP ont affirmé que des membres de la garde présidentielle, soutenus par des forces russes, avaient repris le contrôle de la base aérienne 101 et tué plusieurs mutins. Cette information n’a pas été confirmée de manière indépendante par les autorités nigériennes.

La base 101, un site stratégique

La base aérienne 101 abrite le quartier général de l’Africa Corps russe à Niamey. Elle sert également de poste de commandement à la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Le site a accueilli, entre décembre et janvier, un important chargement de concentré d’uranium retenu dans l’attente de son exportation. Aucun mouvement de ce stock n’a été signalé depuis.

Dans un communiqué, l’AES a dénoncé une « trahison » et un « complot de déstabilisation » attribués à un groupe de militaires, assurant que l’opération avait été contenue. L’Algérie voisine a condamné les événements et exprimé son soutien aux autorités de Niamey.

Ces affrontements interviennent dans un pays dirigé par une junte depuis le coup d’État de juillet 2023 et confronté à une forte insécurité liée aux groupes jihadistes actifs dans le Sahel.

L’aéroport et la base aérienne de Niamey avaient déjà été visés à deux reprises cette année : en janvier, lors d’une attaque revendiquée par l’organisation État islamique, puis à la fin juin lors d’une offensive attribuée au JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaïda. Cette dernière avait fait onze morts parmi les soldats et deux victimes civiles, selon les autorités.

Partager l'article

Partagez vos idées

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *