John Ternus prendra, le 1er septembre, la direction générale d’une Apple que Tim Cook a transformée en l’une des entreprises les plus rentables du monde. Son principal défi consistera à déterminer quelle part de cette puissance financière doit être mobilisée pour accélérer dans l’intelligence artificielle.
John Ternus héritera d’une Apple valorisée près de 4.500 milliards de dollars, dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 416 milliards de dollars et dont les appareils actifs sont désormais plus de 2,5 milliards à travers le monde.
L’actuel responsable de l’ingénierie matérielle prendra la relève de Tim Cook le 1er septembre, après près de quinze années marquées par l’efficacité opérationnelle, le développement des services et la consolidation de l’écosystème Apple.
Lorsqu’il avait pris les commandes en 2011, Tim Cook dirigeait une entreprise valorisée autour de 350 milliards de dollars. Sous son mandat, la capitalisation d’Apple a été multipliée par plus de dix et la branche Services —qui comprend notamment l’App Store, iCloud et Apple Pay— est devenue une activité générant plus de 100 milliards de dollars par an.
Les derniers résultats illustrent la solidité de ce modèle. Au troisième trimestre fiscal, Apple a dégagé un chiffre d’affaires de 109,4 milliards de dollars, en hausse de 16 % sur un an. Le bénéfice par action a progressé de 29 %, à 2,02 dollars. Les Services ont généré 30,7 milliards de dollars, soit près de 28 % des revenus trimestriels.
L’intelligence artificielle comme test stratégique
La question centrale de l’ère Ternus sera celle de l’investissement dans l’intelligence artificielle. Apple a privilégié jusqu’ici une IA intégrée à ses appareils, à rebours de concurrents comme Google, Nvidia, OpenAI ou Anthropic, qui ont engagé des montants considérables dans les modèles avancés et les centres de données.
Pour Wamsi Mohan, analyste chez Bank of America, ce changement de direction pourrait se traduire par une plus grande prise de risque, davantage de dépenses en recherche et développement, des acquisitions plus importantes et de nouvelles catégories de produits.
Apple devra ainsi préciser son choix : s’appuyer plus largement sur des partenariats technologiques ou construire une infrastructure propre afin de gagner en autonomie dans l’IA. Cette seconde option exigerait des investissements considérables, mais pourrait conditionner sa capacité à rester compétitive à long terme.
Un dirigeant issu de la maison Apple
John Ternus connaît l’entreprise de l’intérieur. Présent chez Apple depuis plus de vingt-cinq ans, il a participé au développement de produits majeurs, dont l’iPhone, l’iPad, les AirPods et les puces Apple Silicon, qui ont remplacé les processeurs Intel dans les Mac.
Son profil d’ingénieur nourrit l’attente d’une entreprise davantage focalisée sur l’innovation produit et l’intégration entre matériel, logiciels et IA. La continuité financière semble acquise ; l’enjeu sera de savoir si Apple acceptera d’investir à la hauteur de la nouvelle compétition technologique.