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Trump relance la voie diplomatique et dépêche Witkoff et Kushner à Moscou puis à Kyiv

05 septembre 2026 - 08:32

Les deux émissaires américains se rendent en Russie et en Ukraine avec une proposition dont les dispositions n’ont pas encore été rendues publiques. Kyiv propose une suspension réciproque des frappes aériennes pendant les discussions, organisées sur fond d’intensification des bombardements.

Le président américain Donald Trump a confié à Steve Witkoff et Jared Kushner une nouvelle mission diplomatique destinée à explorer une possible issue à la guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe à grande échelle de février 2022.

Les deux émissaires doivent se rendre à Moscou avant de rejoindre Kyiv dimanche. Selon plusieurs médias américains, ils pourraient rencontrer samedi le président russe Vladimir Poutine au Kremlin. Moscou n’avait toutefois pas confirmé publiquement ce rendez-vous dans l’immédiat.

Donald Trump a affirmé que les négociateurs transportaient une proposition visant à mettre fin au conflit et estimé qu’ils avaient une chance d’obtenir des résultats. Il n’en a cependant révélé aucune disposition et n’a pas précisé si elle supposait des concessions territoriales de la part de l’Ukraine.

« Nous avons une idée pour la paix », a simplement déclaré le président américain devant la presse.

Une diplomatie de navette

Cette mission relève pour l’instant d’une diplomatie de navette : les représentants américains rencontrent séparément les deux camps afin d’évaluer leurs positions et de rechercher un éventuel terrain commun. Elle ne constitue donc pas encore une négociation directe entre la Russie et l’Ukraine.

Steve Witkoff, devenu l’un des principaux interlocuteurs de Donald Trump dans ce dossier, s’est déjà rendu à plusieurs reprises à Moscou. Jared Kushner, gendre et ancien conseiller du président, a également participé aux démarches diplomatiques américaines concernant Gaza et l’Iran.

Il s’agira de leur première visite à Kyiv depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé qu’il recevrait les deux hommes dimanche. Il a dit attendre des échanges « constructifs et substantiels » et vouloir prendre connaissance à la fois des propositions américaines et des réponses obtenues à Moscou.

Kyiv demande une pause réciproque dans les airs

Afin de faciliter le déplacement des émissaires américains, Volodymyr Zelensky a annoncé que l’Ukraine s’abstiendrait de mener des frappes aériennes pendant la période nécessaire aux discussions. Il a demandé à la Russie de respecter une suspension équivalente de ses attaques.

Cette proposition ne correspond pas à un cessez-le-feu général. Sa portée serait limitée à la durée des entretiens et aux opérations logistiques liées à la visite américaine. La Russie n’avait pas encore répondu publiquement à cette demande au moment de la publication.

L’initiative intervient dans un climat militaire particulièrement tendu. Selon les autorités ukrainiennes, un drone russe a frappé le siège du Service de sécurité d’Ukraine, dans le centre de Kyiv, faisant plusieurs blessés. Une autre attaque contre la ville de Kamianske, dans la région de Dnipropetrovsk, a tué au moins quatre personnes et en a blessé cinq.

De son côté, l’Ukraine poursuit ses opérations à longue portée contre des cibles situées en territoire russe.

De profondes divergences à surmonter

Les précédentes médiations américaines n’ont guère permis de rapprocher les positions. Le sort des territoires occupés, les garanties de sécurité réclamées par Kyiv, l’orientation militaire future de l’Ukraine et l’ordre d’application d’un cessez-le-feu et d’un règlement politique restent au cœur du désaccord.

La mission de Steve Witkoff et Jared Kushner devra donc montrer si Washington dispose d’une proposition suffisamment précise pour engager de véritables négociations ou s’il s’agit encore d’une démarche exploratoire.

Son premier résultat ne sera peut-être pas un accord immédiat, mais la possibilité de déterminer si Moscou et Kyiv acceptent de réduire l’escalade et de discuter à partir d’une base commune. Après plus de quatre ans et demi de guerre, cette perspective demeure très incertaine.

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