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L’Espagne veut une présence permanente de Frontex à Sebta

07 septembre 2026 - 13:16

Le gouvernement espagnol demandera à l’agence européenne Frontex d’établir une présence permanente dans le port et près de la frontière de Sebta. Cette initiative intervient dans un climat de fortes pressions politiques, encore alimenté par les critiques du président américain Donald Trump.

Le gouvernement de Pedro Sánchez entend renforcer le dispositif européen de contrôle migratoire à Sebta, ville sous administration espagnole. Madrid demandera à Frontex d’établir une présence permanente dans le port et au niveau de la digue frontalière. Une mission spécifique d’Europol devrait également être sollicitée.

Cette démarche prolonge les demandes adressées à l’Union européenne par le ministère espagnol de l’Intérieur à la fin du mois d’août. Madrid avait alors réclamé l’assistance de Frontex pour l’identification et l’enregistrement des migrants demeurés dans la ville, ainsi que la prolongation de l’opération Minerva.

Le renforcement envisagé intervient après les arrivées massives enregistrées les 30 et 31 juillet, qui ont saturé les structures d’accueil et provoqué une grave crise politique, sociale et humanitaire.

L’exécutif espagnol fait depuis l’objet de critiques virulentes de la part de l’opposition, qui l’accuse d’avoir tardé à réagir et de ne pas avoir suffisamment anticipé la pression exercée sur la frontière.

La crise a désormais acquis une dimension internationale. Le président américain Donald Trump a qualifié dimanche la situation de « très triste », affirmant que l’Espagne n’exerçait « aucun contrôle » sur ses frontières.

Ces déclarations sont toutefois postérieures aux premières demandes espagnoles adressées à Frontex. Elles ne sont donc pas à l’origine de la décision de Madrid, même si elles accentuent la pression politique exercée sur le gouvernement de Pedro Sánchez.

Le déploiement éventuel de Frontex ne saurait, par ailleurs, remplacer la coopération avec le Maroc. Celle-ci demeure indispensable à toute gestion durable des mouvements migratoires et à la lutte contre les réseaux de trafic de personnes.

Bruxelles continue d’ailleurs de considérer le Royaume comme un partenaire stratégique dans le domaine migratoire, malgré les tentatives de certains courants politiques espagnols et européens d’exploiter la crise pour remettre en cause cette coopération.

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