Avec 424.000 places pédagogiques, 18 nouveaux établissements et 193 filières créées, restructurées ou actualisées, l’OFPPT renforce son dispositif pour la rentrée 2026-2027. L’enjeu dépasse l’élargissement quantitatif de l’offre : il s’agit désormais de mieux adapter la formation professionnelle aux mutations de l’emploi, à la souveraineté industrielle et aux nouveaux métiers.
L’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail a lancé officiellement, le 7 septembre à la Cité des Métiers et des Compétences de Casablanca-Settat, la rentrée 2026-2027 des stagiaires de deuxième année. Celle des nouveaux inscrits débutera le 11 septembre.
Cette rentrée se distingue par une montée en puissance du réseau. L’OFPPT comptera 513 établissements, pour une capacité globale de 424.000 places pédagogiques. Dix-huit nouveaux centres doivent ouvrir leurs portes, tandis que trois nouvelles Cités des Métiers et des Compétences sont prévues à Fès, Guelmim et Errachidia.
L’évolution la plus significative concerne le contenu même des formations. L’offre atteindra 658 filières, dont 342 diplômantes, 293 qualifiantes et 23 parcours professionnalisants, couvrant 19 secteurs. À cette carte s’ajoutent 193 filières nouvelles ou remaniées : 39 créations, 26 restructurations et 128 actualisations.
L’objectif affiché est de mieux coller aux transformations de l’économie marocaine. L’OFPPT dit avoir conçu cette offre en cohérence avec la Feuille de route pour l’emploi, la Stratégie énergétique 2030, la Stratégie nationale de développement durable et les priorités liées à la souveraineté industrielle.
Cette réorientation touche notamment le tourisme, avec les programmes « Cap Excellence Tourisme » et « Middle Management », mais aussi des secteurs en forte croissance comme la cybersécurité et l’industrie du gaming.
31.000 apprentis dans le programme TADAROJ
Autre axe important : le programme TADAROJ doit former 31.000 apprentis au cours de cette rentrée dans des métiers relevant de secteurs à fort potentiel.
Sont concernés notamment le génie électrique, le bâtiment et les travaux publics, l’automobile, le tourisme, l’hôtellerie-restauration, le textile-habillement, le froid et le génie thermique ainsi que le génie mécanique.
Cette orientation vers l’apprentissage répond à une difficulté récurrente du marché du travail marocain : le décalage entre les compétences disponibles et celles recherchées par les entreprises. L’enjeu ne consiste donc plus seulement à augmenter le nombre de places, mais à former aux métiers réellement créateurs d’emplois et à améliorer l’insertion professionnelle des lauréats.
L’orientation professionnelle renforcée
L’OFPPT poursuit également le développement de son réseau de Centres d’Orientation Professionnelle. Quatre nouveaux centres porteront leur nombre à 75, avant l’ouverture de 13 autres au cours de l’année de formation. Leur mission est d’accompagner candidats, stagiaires et diplômés dans leurs choix de parcours et leur préparation à l’emploi.
Parallèlement, plusieurs opérations de modernisation des établissements sont prévues, avec cinq extensions, sept aménagements, la création d’un internat à l’ITA de Taza et la mise à niveau d’une structure existante à l’ISTA de Sefrou.
La rentrée 2026-2027 marque ainsi une nouvelle étape dans la transformation de la formation professionnelle au Maroc. Mais le véritable test viendra après les annonces : la pertinence des filières se mesurera à leur capacité à déboucher sur des emplois, à répondre aux besoins des entreprises et à accompagner les nouveaux choix industriels du Royaume.
Autrement dit, le défi de l’OFPPT n’est plus seulement celui de la capacité d’accueil. Il est désormais celui de l’adéquation entre formation, compétences et emploi.