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Blé tendre : le Maroc relance ses importations avec une aide de 20,80 DH par quintal

10 septembre 2026 - 08:03

Après une pause destinée à favoriser l’écoulement de la récolte nationale, le Maroc s’apprête à revenir sur le marché international du blé tendre. À partir du 16 septembre, les importateurs bénéficieront de nouveau du mécanisme public de restitution. Pour la deuxième quinzaine du mois, son montant a été fixé à 20,80 dirhams par quintal, dans un contexte international toujours incertain pour les céréales.

Le calendrier est désormais fixé. L’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) a arrêté à 20,80 dirhams par quintal le soutien applicable aux cargaisons de blé tendre meunier chargées entre le 16 et le 30 septembre.

Cette décision marque surtout la reprise du dispositif d’accompagnement des importations après plusieurs mois de pause. Depuis juin, le Maroc avait privilégié la commercialisation de la récolte nationale, meilleure cette année, avant de programmer le retour progressif aux achats extérieurs à partir de la deuxième moitié de septembre.

Un mécanisme pour stabiliser l’approvisionnement

Le dispositif ne correspond pas à une subvention définitivement fixée pour toute la période. Il repose sur un mécanisme de compensation calculé à partir de l’écart entre le coût moyen du blé importé rendu au Maroc et un prix de référence de 270 dirhams le quintal.

Le calcul tient notamment compte des cours internationaux, du fret maritime, du taux de change et des différents coûts supportés par les opérateurs. Pour la période du 16 au 30 septembre, cet écart conduit ainsi à une restitution de 20,80 DH par quintal.

Le mécanisme doit rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026, avec des montants susceptibles d’évoluer en fonction des conditions du marché.

Pour le Maroc, l’enjeu est stratégique. Le blé tendre reste essentiel à l’approvisionnement des minoteries et à la fabrication du pain. Les données officielles montrent d’ailleurs que le Royaume demeure fortement dépendant des marchés extérieurs pour compléter sa production nationale. En 2024, les importations de blé tendre avaient atteint environ 49,5 millions de quintaux.

Le retour du Maroc sur un marché sous tension

La reprise intervient également dans un environnement international délicat. La guerre continue de peser sur les flux céréaliers de la mer Noire, notamment russes et ukrainiens, obligeant les grands pays importateurs à surveiller étroitement prix, disponibilité et coûts de transport.

La question dépasse donc le simple montant d’une aide aux importateurs. Il s’agit de trouver un équilibre entre trois impératifs : protéger la récolte nationale lorsqu’elle arrive sur le marché, garantir suffisamment de blé aux minoteries et limiter l’exposition du pays aux fluctuations internationales.

La reprise des importations à partir du 16 septembre montre précisément cette équation. Une meilleure campagne agricole peut réduire temporairement le recours à l’étranger, mais elle ne supprime pas encore la dépendance structurelle du Maroc au blé importé.

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