Le porte-parole d’ERC estime que les documents déclassifiés révèlent une fracture au sein de l’État. Les documents établissent l’existence d’alertes préalables, sans prouver une action délibérée des services secrets contre l’exécutif.
Le porte-parole d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) au Congrès des députés, Gabriel Rufián, a affirmé que les documents déclassifiés sur la crise de Sebta montrent qu’« une partie de l’État agit contre le gouvernement », visant directement le Centre national de renseignement espagnol (CNI).
« Le gouvernement ne contrôle pas une partie de son État ; il gouverne, oui, mais il ne commande pas », a déclaré Rufián en commentant les communications rendues publiques par La Moncloa sur les entrées massives survenues à Sebta les 30 et 31 juillet.
Les documents confirment que le CNI avait repéré, le 29 juillet, des appels diffusés sur les réseaux sociaux invitant à entrer à Sebta par la mer et par la clôture frontalière. L’information aurait été transmise à la Délégation du gouvernement à Sebta, à la Garde civile et aux services de renseignement marocains.
La controverse porte désormais sur la portée de cette alerte. La ministre de la Défense, Margarita Robles, a soutenu que le CNI avait détecté et signalé ces mouvements. La Moncloa estime, de son côté, qu’aucune alerte officielle n’avait annoncé une entrée massive de l’ampleur de celle qui s’est finalement produite.
Le CNI a reconnu avoir identifié les appels lancés sur les réseaux sociaux, tout en indiquant qu’il n’avait pas anticipé « l’ampleur et la nature » de la crise. Les documents attestent donc l’existence de communications préalables sur une pression migratoire croissante, mais ils ne prouvent pas que les services de renseignement aient agi contre le gouvernement.
La polémique s’est accrue après la démission du chef de cabinet du délégué du gouvernement à Sebta, Gonzalo Sanz, dans un contexte de versions divergentes sur la transmission des alertes et les décisions prises.
ERC rejoint ainsi d’autres partenaires parlementaires du gouvernement qui demandent des explications et une révision des mécanismes de coordination. La crise soulève une interrogation essentielle : si les informations disponibles ont été transmises aux institutions compétentes, pourquoi n’ont-elles pas débouché sur des mesures préventives suffisantes ?