Le ministre letton de la Protection sociale, Reinis Uzulnieks, a été relevé de ses fonctions après son interpellation près de Riga. L’affaire, qui a donné lieu à l’ouverture d’une procédure pénale, illustre la réponse immédiate des autorités face à la conduite sous l’emprise de l’alcool.
La carrière gouvernementale de Reinis Uzulnieks s’est brutalement interrompue ce dimanche en Lettonie. Le ministre de la Protection sociale a été écarté de ses fonctions après avoir été contrôlé samedi au volant d’un véhicule dans la région de Ropaži, au nord-est de Riga.
Selon la police lettone, relayée par plusieurs médias nationaux, le conducteur d’une Škoda a été arrêté dans la commune de Stopiņi. Un contrôle aurait fait apparaître un taux d’alcool annoncé à 3,09 ‰. Les autorités ont ouvert une procédure pénale.
Dans la foulée, l’Union des Verts et des Paysans (ZZS), formation dont était issu Reinis Uzulnieks, a décidé de retirer son soutien au ministre et de l’exclure du parti. Son dirigeant, Viktors Valainis, a évoqué une politique de « tolérance zéro » face à ce type de comportement. Le Premier ministre Andris Kulbergs a ensuite signé une décision mettant fin à ses fonctions, tandis qu’Uldis Augulis a été chargé d’assurer l’intérim au ministère.
L’affaire ne préjuge pas de l’issue de la procédure judiciaire ni de la responsabilité pénale définitive de l’ancien ministre. Mais elle a déjà produit ses effets sur le plan politique. En quelques heures, le dossier est passé du contrôle routier à une sanction gouvernementale et partisane, dans un pays où la conduite sous alcool est traitée avec une grande sévérité.
En Lettonie, le seuil légal standard est fixé à 0,5 g/l d’alcool dans le sang, avec des limites plus basses pour certains conducteurs, notamment les novices et les chauffeurs de bus ou de tramway. Depuis 2022, la conduite avec un taux supérieur à 1,5 ‰ relève du pénal et peut entraîner jusqu’à un an de prison, une mise à l’épreuve, le retrait du permis pour cinq ans ainsi que la confiscation du véhicule.
La perspective d’une confiscation retient également l’attention. En Lettonie, les véhicules devenus propriété de l’État après des affaires de conduite en état d’ivresse peuvent être transférés à l’Ukraine. Le ministère letton de l’Intérieur indique que 676 voitures confisquées avaient déjà été remises aux autorités ukrainiennes depuis l’adoption de ce mécanisme en mars 2023.
Au-delà du cas individuel, cette séquence met en lumière une exigence simple : l’exercice d’une responsabilité publique ne protège pas de la loi et impose même, aux yeux de l’opinion, un devoir d’exemplarité renforcé. La décision politique a été immédiate ; le volet judiciaire, lui, suivra son propre cours.