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Tanger : le maire Mounir Laymouri interpellé à son retour d’Espagne dans l’affaire des bulletins de vote

28 septembre 2026 - 11:17

Le maire de Tanger, Mounir Laymouri, également coordinateur provincial du Parti authenticité et modernité (PAM), a été interpellé ce lundi matin à son retour d’Espagne, selon les informations rapportées par Alyaoum24. Cette nouvelle étape intervient dans le cadre de l’enquête sur de graves irrégularités présumées survenues dans deux bureaux de vote de la circonscription Tanger-Assilah lors des législatives du 23 septembre.

L’affaire des bulletins de vote de Tanger prend une nouvelle dimension. Mounir Laymouri, président du Conseil communal de la ville, est rentré ce lundi d’Espagne, comme il l’avait annoncé au cours du week-end, après avoir rejeté les informations présentant son déplacement comme une tentative de se soustraire aux investigations.

À son arrivée sur le territoire marocain, le maire a été interpellé afin d’être entendu dans le cadre des recherches en cours. À ce stade, aucune communication officielle ne précise encore la nature exacte de la mesure dont il fait l’objet ni s’il a été placé en garde à vue.

Laymouri avait assuré ces derniers jours que son voyage en Espagne était programmé à l’avance pour des raisons professionnelles et personnelles. Il avait également affirmé n’avoir aucun lien avec les faits faisant l’objet de l’enquête et s’était déclaré disposé à répondre aux questions des autorités.

Le ministère de l’Intérieur ouvre son propre contrôle

Parallèlement à l’enquête judiciaire, le ministère de l’Intérieur a dépêché une commission centrale d’inspection à Tanger afin d’examiner les dysfonctionnements signalés dans deux bureaux de vote lors du scrutin législatif du 23 septembre.

La commission est chargée de mener les investigations administratives nécessaires, d’examiner les données relatives au déroulement du scrutin et d’établir les éventuelles responsabilités.

Le ministère a indiqué que les conclusions de cette mission détermineront les mesures administratives à prendre et permettront d’établir les responsabilités conformément à la loi.

Deux procédures progressent ainsi parallèlement : une enquête judiciaire visant à déterminer d’éventuelles responsabilités pénales et une inspection administrative portant sur les conditions dans lesquelles les opérations électorales ont été organisées et contrôlées.

Cinq personnes déjà arrêtées

L’affaire avait éclaté le jour des élections lorsqu’un homme avait été découvert en possession d’un sac contenant des bulletins de vote.

Les premières investigations ont conduit à l’arrestation de cinq suspects : les présidents de deux bureaux de vote, leurs deux adjoints et une cinquième personne.

Selon les éléments communiqués samedi par le parquet près la Cour d’appel de Tanger, l’homme trouvé avec le sac était lui-même adjoint au président d’un bureau de vote. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir soustrait plusieurs bulletins à l’intérieur du bureau avec l’aide de son président, avant de les placer dans un sac et de les sortir de l’établissement scolaire abritant le centre de vote.

Les bulletins auraient ensuite été réintroduits dans deux bureaux avec la participation présumée d’autres personnes.

Un autre élément a renforcé les soupçons des enquêteurs : l’encre utilisée sur les bulletins saisis ne correspondrait pas à celle employée officiellement dans les bureaux de vote concernés.

Le parquet a saisi le juge d’instruction pour des faits présumés d’atteinte aux opérations électorales, de faux et de participation à ces actes. Les investigations doivent également déterminer si d’autres personnes ont joué un rôle dans l’affaire.

L’interpellation du maire de Tanger ouvre désormais une nouvelle séquence de l’enquête. Son éventuelle implication ne peut toutefois être établie qu’à l’issue des investigations judiciaires en cours.

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