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Nord du Maroc : l’alerte au frelon oriental, une menace pour les ruches et la santé publique

29 septembre 2026 - 09:29

L’Observatoire de la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger (OPEMH) appelle à une intervention urgente face aux signalements du frelon oriental (Vespa orientalis) dans plusieurs zones du nord du Maroc. L’organisation réclame un dispositif coordonné de surveillance afin d’établir l’ampleur réelle de sa présence, tout en mettant en garde contre les risques pour l’apiculture, les écosystèmes et la santé publique.

Les observations enregistrées ces dernières semaines à Tanger, Tétouan, M’diq et Fnideq suscitent l’inquiétude de l’OPEMH. L’Observatoire estime que ces signalements doivent être pris au sérieux, tout en soulignant qu’ils ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer l’étendue réelle de la présence du frelon oriental ni la dynamique géographique de sa propagation.

Cette vigilance intervient après la publication, en 2026, d’une étude scientifique consacrée aux premiers signalements du genre Vespa au Maroc. Des opérations de collecte et d’observation menées en 2025 avaient permis de documenter la présence et l’établissement dans le nord du Royaume de deux espèces : le frelon oriental (Vespa orientalis) et le frelon européen (Vespa crabro).

Une menace particulière pour les abeilles

Le frelon oriental est un prédateur social capable de s’attaquer à l’abeille domestique (Apis mellifera). Selon les données scientifiques citées par l’Observatoire, la pression de prédation peut provoquer la mort d’abeilles, fragiliser les colonies et réduire leur activité de recherche de nourriture.

Des indices scientifiques font également état de sa possible contribution à la transmission de certains agents pathogènes entre ruchers. Pour l’OPEMH, la présence de populations importantes à proximité des zones apicoles justifie donc une surveillance régulière et une attention particulière portée aux éventuelles pertes subies par les apiculteurs.

Les préoccupations dépassent toutefois le seul secteur apicole. L’espèce peut installer ses nids dans des fissures, des cavités, des constructions humaines ou à proximité des espaces urbains. Des piqûres multiples peuvent par ailleurs représenter un risque pour la santé, particulièrement chez les personnes présentant une hypersensibilité aux venins d’hyménoptères.

Cartographier les foyers avant toute conclusion

Face aux signalements provenant de différentes zones de Tanger, l’Observatoire appelle à une vérification scientifique rapide. Il préconise un inventaire méthodique des individus et des nids, leur géolocalisation, l’identification taxonomique des spécimens et un suivi de l’évolution de leur densité.

L’OPEMH demande ainsi le lancement d’une campagne urgente et coordonnée de surveillance à Tanger et dans les autres territoires du nord du Maroc afin d’établir une première cartographie des foyers et des nids. Les ruchers, les zones résidentielles, les établissements scolaires et les espaces naturels sensibles devraient, selon lui, bénéficier d’une attention prioritaire.

L’Observatoire propose également la création d’un mécanisme régional de surveillance et d’alerte précoce, associant les services compétents, les autorités locales, les universités et organismes scientifiques, les professionnels de l’apiculture et les associations de la société civile.

Éviter les interventions improvisées

L’OPEMH plaide pour une gestion intégrée reposant sur la détection, l’identification scientifique des nids, l’évaluation du niveau de risque et, lorsque cela s’avère nécessaire, leur élimination par des professionnels. Il met en garde contre les opérations de lutte improvisées susceptibles de porter atteinte aux insectes locaux et aux pollinisateurs.

L’Observatoire appelle parallèlement à soutenir les apiculteurs, à renforcer la surveillance dans les ruchers et à documenter les pertes éventuelles afin d’évaluer l’impact économique et environnemental réel du phénomène.

Pour la population, son message se veut également préventif sans céder à l’alarmisme : ne pas s’approcher des nids et ne pas tenter de les brûler ou de les éliminer soi-même. L’OPEMH souhaite qu’un canal clairement identifié soit mis en place pour permettre aux citoyens de signaler les observations et les nids aux services compétents.

L’Observatoire appelle enfin à associer l’Université Abdelmalek Essaâdi et les institutions scientifiques spécialisées à un programme régional consacré au suivi du frelon oriental et à l’évaluation de ses éventuelles conséquences environnementales, économiques et sanitaires. Selon lui, une détection précoce des foyers et une intervention organisée seront plus efficaces que d’attendre une extension de sa présence et une pression accrue sur les ruchers ou les zones urbaines.

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