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Consultations gouvernementales : El Mansouri ouvre un canal de dialogue avec Benkirane malgré le choix de l’opposition du PJD

30 septembre 2026 - 09:21

À la veille du lancement de ses consultations pour former le nouveau gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri a pris contact avec Abdelilah Benkirane. Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement a accueilli favorablement la proposition d’une rencontre et laissé à la Cheffe du gouvernement désignée le soin d’en fixer la date. Un échange qui intervient alors que le PJD a déjà tranché : il siégera dans l’opposition.

Fatima Ezzahra El Mansouri élargit le champ de ses premiers contacts politiques.

Mardi soir, quelques heures après sa nomination à la tête du gouvernement et sa désignation pour former le nouvel Exécutif, la dirigeante du Parti Authenticité et Modernité (PAM) a téléphoné à Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD).

L’objectif annoncé est l’organisation d’une rencontre de communication entre les deux responsables politiques.

Benkirane a favorablement accueilli l’initiative et laissé à El Mansouri le soin de proposer la date de leur rencontre.

Un dialogue, mais pas une négociation de coalition

Le contact revêt une portée particulière compte tenu des rapports historiquement difficiles entre le PAM et le PJD. Il ne signifie cependant pas, à ce stade, l’ouverture de négociations en vue d’une participation des islamistes au prochain gouvernement.

Le PJD a déjà choisi son camp.

Réuni samedi 26 septembre à Bouznika en session extraordinaire, son Conseil national a décidé de positionner le parti dans l’opposition au cours de la prochaine législature. Cette orientation a été adoptée après l’examen des résultats des élections du 23 septembre et de la nouvelle configuration de la Chambre des représentants.

Le parti, qui dispose de 54 sièges, entend donc exercer son rôle depuis les bancs de l’opposition.

La rencontre proposée par El Mansouri prend dès lors une autre dimension : celle d’un dialogue politique avec une formation appelée à constituer l’une des principales forces d’opposition au futur gouvernement.

El Mansouri avait écarté les « lignes rouges »

Le contact n’est toutefois pas totalement inattendu.

Avant même sa nomination, Fatima Ezzahra El Mansouri avait affirmé que les alliances devaient se construire autour des programmes et qu’elle n’établissait pas de « lignes rouges » préalables à l’égard des formations respectant les constantes du Royaume, y compris le PJD.

La décision des islamistes de rejoindre l’opposition a depuis modifié l’équation.

Mais la démarche de la nouvelle Cheffe du gouvernement montre que les consultations peuvent dépasser le seul périmètre des partis susceptibles de composer la majorité.

Elle intervient surtout dans un contexte où les rapports PAM-PJD ont longtemps été structurés par une forte confrontation politique et idéologique. L’échange entre El Mansouri et Benkirane pourrait ainsi signaler une volonté de maintenir des canaux de communication entre majorité et opposition dès le début de la nouvelle législature.

Les consultations commencent ce mercredi

Fatima Ezzahra El Mansouri entame officiellement ce mercredi 30 septembre ses consultations pour constituer le nouvel Exécutif.

Les premiers rendez-vous doivent notamment concerner le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l’Istiqlal, respectivement deuxième et troisième forces de la nouvelle Chambre derrière le PAM.

Avec 97 sièges, le parti d’El Mansouri doit nécessairement rechercher des partenaires pour disposer d’une majorité parlementaire.

Le RNI, avec 66 députés, et l’Istiqlal, avec 65 élus, occupent donc une position centrale dans les premières discussions.

Le PJD se trouve dans une situation différente : sa décision de rejoindre l’opposition l’écarte, en l’état, de l’arithmétique de la future coalition.

La rencontre annoncée entre El Mansouri et Benkirane n’en sera pas moins politiquement observée. Au-delà de la formation du gouvernement, elle pourrait donner les premières indications sur la nature des relations que la nouvelle majorité et la principale force islamiste entendent entretenir au cours de la législature.

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